LE NAVIIIE DE COMBAT DES GUERRES MEDIQUES
La marine à rames. — Les variations de types de ses constructions.
— T'Jiio; et lorjT.Qi. — La reconstitution du navire de combat du-commencement du v^ siècle est [lossible. — Les sources d'information. — Sa capacité militaire, les traits essentiels de ce navire, servent à expliquer ses exploits à Salamine. — L'organisation de la vogue.
— Les armes. — Les dimensions. — La partie esthétique. — L'équipage.
A rencontre d'Eschyle, qui se sert constamment du terme | général vaùç, Hérodote nous indique le type du navire de com- \ bat des guerres médiques. ÇlQsL\sLjuiMè¥^^-\\ suffit de cette | dénomination pour comprendre que ce fut un navire long,; elïîlé, d'un l'aible tirant d'eau, armé de l'éperon, mû par um triple armement de rames. Mais, malgré tout,,la,simpIe définition de la trière ne sulïit pas à nous rendre compte de ce que fut au juste le navire de combat, au commencement du v* siècle avant notre ère. '
Il s'agit toujours, sans doute, d'un vaisseau étroit et long, presque ras sur l'eau, à trois rangs de rames superposés; mais, ] depuis le temps où Aminoclès de Corinthe soumettait au tyran j de Samos ses plans de constructions navales, jusqu'aux jours oii des unités plus massives et plus lourdes firent disparaître, des flottes à rames, les alertes trières, c'est-à-dire quelques^ | siècles durant, il y a une succession ininterrompue des varia- ' tions du type triérique. ('es variations, on le conçoit aisément, , déterminèrent des changements parfois assez profonds de ;
tactique, et bouleversèrent les règles d'après lesquelles les navires évoluent et combattent. A engins nouveaux, tactique nouvelle. Déjà les trières de Cimon diftèrcnt des trières des guerres médiques *, mais aussi de celle, do la guerre du Péloponèse, qui furent les plus grandes, les plus perfectionnées, les plus agiles et les plus rapides des trières, pontées d'ailleurs et cataphracles. Entre les trières même d'une époque donnée, mais appartenant à des marines diverses, il y a eu souvent des différences notoires, déterminant pour chaque marine une tactique différente. Ainsi les trières ioniennes et phéniciennes de 480 avant J.-C, plus légères, avec des qualités de giration et en général d'agilité supérieures ", d'une vitesse beaucoup plus grande, àuLsivov itXsojo-at,, que les trières grecques du môme temps, cherchent de vastes champs d'action pour appliquer leur dogme tactique, qu'elles avaient déjà inauguré à la bataille de Ladé vingt ans auparavant. Cette tactique était contraire au système suivi par les flottes grecques, qui, privées de ces qualités, se ménagent des palestres peu spacieuses, des enclos resserrés, paralysant l'élan de l'adversaire et permettant de mettre en valeur les qualités militaires des équipages et d'utiliser l'épaisseur des murailles du navire. Trière est donc un terme par trop vague pour satisfaire notre curiosité scientifique et nous donner la notion exacte de l'instrument de bataille qui a servi aux combattants de Salamirie ; faute de le préciser, on ne saurait rien comprendre de ce haut fait d'armes. Le mot de trière, suffisamment explicite pour les contemporains d'Hérodote, qui avaient sous les yeux le navire lui-même, ne saurait l'être pour nous, qui sommes placés en face d'une succession de modèles, mal définis, appartenant à un type général.
Si nous jetons un coup d'oeil sur les monuments figurés qui tnous ont conservé la silhouette de la trière, nous nous ren-
1. Plutarquc, Cimon, 12 : -XaTUtipa; xal Siâêaîiv toi; xaxaaxptûjjiaaiv è'owxav. Pour l'amélioralion des trières au temps de Cimon et aprè», voir Bôckh, S/aa/shaushalliing, I, p. 208.