‹ La bataille de SalamineChapitre 51 sur 325 · Hérodote, Vlll, 60 et passim · texte numérisé non relu

Hérodote, Vlll, 60 et passim

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drons compte dos varioles multiplos (|iii concernent les parties du navire, comme les agrès, les ('polides, léperon, la coque elie-môme. Les escadres des puissances navales dans l'antiquité variaient d'aspect. Le vaisseau primitif de Samos avait la proue semblable à une bure de sanglier, et ses trières avaient la panse large et loperon obtus ' ; tandis que celles de Cnidc avaient à peu près la proue d un cuirassé à la Dupuv de Lôme. Dun autre côté, beaucoup do modifications et de progrès ont été réalisés entre les guerres médiques ot bi guei-re du Péloponèse. Ainsi, tout ce que nous voyons sur les monuments figurés, tout ce que nous lisons sur les inscriptions navales, dans les lexicographes, dans les scoliastes ou chez les auteurs postérieurs, ne se rapporte pas à la marine de la seconde guerre médique. Il faut avant tout distinguer soigneusement les époques. Les birèmes de la colonne Trajane ne pourraient servir à grand'chose pour la reconstitution de la trièro de Salamine. Toutefois, puisque les parties essentielles de la trière furent toujours les mêmes, on pouiiait tirer parti des informations que fournissent les auteurs postérieurs aux guerres médiques, comme Sopbocle, Euripide, Aristophane, et beaucoup plus encore Thucydide ou Xénophon. Certes, les trières d'une même période se ressemblent tant bien que mal et présentent les mômes formes et les mêmes dimensionsj ^encore faut-il distinguer là entre trières grecques et trières asiatiques.

Les changements survenus dans les constructions navales furent assez sensibles pour rendre très diverses deux trières, non seulement d'époque, mais aussi de nationalité dilTérente ; car il y avait un type générique de la trière, le Tpu,o'.xô; tj-oç, mais plusieurs -zoôt^oi, c'est-à-diie dillerents aspects du même type. Cependant, malgré les ditïérences de détail, toutes les trières furent l'évolution du même principe de construction.

1. Uésychius, ilâaaiva : Aiouuo; Se -ri; i;a;j.a{v2; îo.aiTipav Trapà xà; à/v/.aî vaC; xr,v xaTajXE'jT.v s/s'.v " sùpù^ioz: ;j.iv yip zl's: TJt; yziiéoz;, w- Soxsïv oùf/zv.'/ oôlv 6;jlo'^(>>; xxTcSvcE'jaaÔa'. (xai) olov ûoxpwpouî thy.:.

C 'S . R/,ïios, La bataille de Salamine 3 •

Mais il ne faut pas se laisser aller à croire que les différences entre trières grecques et trières provenant de l'Egypte ou de la Phénicie étaient telles qu'elles créaient un système tout différent. M. Cecil Torr, dans un admirable mémoire sur le navire antique ', définit d'une manière très judicieuse cette affinité sans confusion. « Les grands peuples de l'antiquité ont tous connu la navigation dans la Méditerranée, et, bien qu'ils diffèrent beaucoup les uns des autres en leur manière do vivre, ils forment cependant comme une même race en ce qui concerne les choses de la mer. Sans doute il y a eu, là aussi, des divergences de détail, mais en tous les points importants, un navire étrusque ou un navire romain d'une période quelconque devait être à peu près semblable à un bateau phénicien ou un bateau grec de la même période. » Et M. Cecil Torr n'admet même pas dans son article la division ordinaire : Grèce, Etrurie, Rome.

Est-il besoin d'ajouter qu'il en fut ainsi à toute époque et qu'aujourd'hui la môme chose se répète? Et pourtant il suffit d'une simple différence de tonnage pour imposer souvent une tactique différente. Du reste, il faut bien noter que la diversité des détails et de l'aspect général des trières d'une même époque était si prononcée qu'elle inspirait à Cimon le stratagème par lequel il trompa facilement les Barbares à Eurymédon, en faisant pénétrer dans leurs rangs des trières perses prisonnières, remplies de ses propres équipages -.

Quant aux traits caractéristiques de la marine des guerres médiques, nous avons, grâce à Thucydide, une notion certaine, et qui est déjà d'une grande importance; la trière ayant combattu à Salamine fut un navire ?ion ponté ^, par conséquent un navire de dimensions plus faibles que les trières pontées, et avec des chiourmes insuffisamment protégées contre les traits, surtout ceux de l'infanterie ennemie occupant une côte voisine. Il est aisé de se représenter le degré de vulnérabilité que

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