‹ La bataille de SalamineChapitre 64 sur 325 · Athénée, XII · texte numérisé non relu

Athénée, XII

72 LA SECONDE Gl ERRE MEDIQUE

combat et vogue de marche, car tout autrement on nageait pendant quelques minutes seulement pour porter le coup terrible de Téperon, et tout autrement on ramait pendant des heures entières en voyage, où les bordées des rameurs se succédaient à tour de rôle. La vogue de combat peut être évaluée à neuf milles par heure, puisque les galères, dites sensiles, du moyen âge qui n'avaient ni les façons fines ni l'agilité de la trière, alourdies d'ailleurs de sept pièces d'artillerie, réalisaient huit milles par heure. Nous préférons arriver à une solution par cette simple comparaison, au lieu de recourir aux calculs usités pour obtenir la vitesse d'un navire mû par des rameurs, la base nécessaire, c'est-à-dire la connaissance très exacte des dimensions et des formes de la coque et surtout de la courbe de la paroi immergée, faisant absolument défaut. Quant aux témoignages des anciens, ils portent plutôt sur leurs bateaux ronds et à voiles ou sur des traversées réalisées par des trières, mais à l'aide de la voile '. La vitesse de neuf milles au moins que nous donnons à la vogue de combat, semble confirmée par Xénophon, exaltant la trière qui cause « de l'effroi à l'ennemi par sa vitesse » '. Mais quelque bonne marcheuse que fût la trière, une vitesse dépassant les neuf milles à l'heure n'est pas admissible, puisque sa force motrice, 174 rames, n'atteint même pas une trentaine de chevauxvapeur.

C'est à lorl que Grascr suppose (|u'au milieu de la trière il y avait des chambres pour loger les rameurs '. Toute charge supplémentaire aurait compromis la sécurité de ces navires si légei's, que pour le combat il importait de les débarrasser de leurs grandes voiles et de leurs gros bagages.

Dans le même ordre d'idées, la trière, capable d'escalader facilement la grève, en profitait pour se passer d'ancres lourdes. Ainsi ses moyens d'ancrage étaient réellement trop faibles. Ordinairement la trière, s'amarrant par la poupe sur une

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