Voy. Platon, Crilias ou l'Atlantide
3. Graser alla chercher dans les mers du Levant et dans tes caïques du Bosphore et de la mer Egée, un type de navire qu'on puisse comparer à celui de la trière. 11 voulut retrouver une espèce qui pût nous donner une idée approximative de ce bâtiment. Mais, en réalité, il a fait fausse route. Que peut on retrouver d'un grand navire à rames dans les heyadés de Constantinople, mus par un ou deux Lazi, maniant, dans la posture la moins élégante du monde, de courts avirons grossiers, véritables élytres d'hémiptères, ou dans ces hardis voiliers de l'Archipel, la helue, la bombarde, la sacolève, le Ireclianfiv, qui n'ont pas le moindre trait de ressemblance avec un navire polyrème? On dit encore, plaisamment, dans les ilcs grecques : « Coque de galère, proue de bombarde » (xaTepyoy axapt, po[x6âp5a; irXiôpT,), pour désigner deux choses absolument incompatibles, un type do navire iiiipossible, et c'est bien le cas ici de rappeler l'exprès-
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jàc SCS rames, virer rapidement, en de'crivant de petits arcs, et tourner presque sur place. A peine lesté, il n'excelle pas par la stabilité, mais ses longues rames étendues coniribuont au maintien de l'équilibre. Monté par deux cents hommes, combattants, matelots et rameurs, culasses dans un étroit espace, ; ce navire, tout en muscles, a un propulseur qui, conslitué par 171 rames sur trois rangs, légèrement superposés en plan ( incliné de l'axe du navire à la ligne de flottaison, et suivant ! des lignes obliques dirigées de la poupe vers la proue, était à ' découvert, car le bâtiment n'avait pas de pont en dehors du gaillard d'arrière, poste de l'état-major et des timoniers, et de celui d'avant où se tenaient les soldats mariniers. Les veilles de combat, il déposait à terre ses plus grandes voiles et, au moment de l'action, il baissait le mut dans la mésodme. Toutes les rames mises en œuvre, lui ayant fourni pour quelques moments une vitesse soutenue de 9 à 10 milles, il s'élançait, comme bondit un taureau de corrida, contre son adversaire, i dans les élroites arènes où il combattait ordinairement, et lui ■ transperçait les flancs d'un coup formidable de son éperon (d'airain. Cet cmbolon solidement constitué fait corps avec la 'membrure du vaisseau dont In quille renforcée résiste victorieusement à la secousse produite par le choc.
Tel était à peu près le navire de combat destiné à s'immortaliser dans les eaux de Salaminc.
siuii. Cependant, il existe dans les mers de la Grèce un type de j;rande barf|ne de pèche qui, réellement, par sa conformation et son armement, évoque en miniature l'image des anciens navires à rames. C'est la <»•«/« à rames de Zanle et celle de Vatica sur le golfe de Laconie. Longue et mince, elle a un nombreux équipage, baisse ses mats à volonté ; ses rameurs, assis sur deux files, manient en cadence leurs longues rames, et c'est le chant qui rythme la vogue. Le patron, comme autrefois le kéleuste, cliante le premier couplet que tous répètent en chci'ur. Il n'est pas de plus émouvant spectacle que celui de ces rudes travailleurs de la mer à la besogne, disciplinés et vigoureux, faisant gaiement fendre les Ilots à la trata dont les flancs bleus luisent sous le soleil. A voir, au printemps, leurs tlottillcs sortir du port, on dirait que les Atrides ont de nouveau mis le cap vers la ïroade. La pêche finie, c'est encore au commandement que l'équipage tire à sec sur la grève la trata et campe auprès.