LA TACTIQUE NAVALE AU V" SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE
La tactique navale à la seconde guerre médiquo n'est plus dans l'enfance. — Un traité ancien de tactique des marines à rames. — Le livre des si{,'naux. — L'exploration. — Les manœuvres en escadre. — Les formations de marche et de combat. — L'attaque. — Le combat ait. rivage.
Toute armée navale organisée a nécessairement une tactique. Il faut qu'elle évolue et marche au signal pour se grouper et combattre, et pour cela, elle a besoin de quelques règles posées d'avance et connues de tous les conducteurs de file. Môme un navire isolé a sa lactique pour marcher et pour combattre. J^aJactique s'inspire des armes que nous avons cn\ mains, des instruments de combat dont nous disposons^ La Uctique change; elle tient^comple de l'organisation, qui se modifie souvent, mais surtout de la nature des armes, qui se perfectionnent sans cesse. C'est pourquoi les différences, parfois les plus légères, entre le matériel de deux armées, imposent à telle. Hotte une Jacti.(|ue, et à telle autre une tactique dilïérente. Quand on se propose de décrire la tactique d'une époque, il ne faut pas faire un tout de renseignements s'appliquant soit à un môme peuple, considéré à des périodes dilTérentes, soit à des peuples différents ; car c'est alors la confusion et l'erreur.
La même raison dicte l'homogénéité des armées, et fait leur force. A deux navires doués d'aptitudes différentes, la môme iactique crée pour l'un la victoire, et pour l'autre le désastre. Les faits parlent bien haut. A Punta Cruesa, lors de la guerre du Pacifique en I88I, la « Covadonga », sous l'intrépide capi-
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laine Carlos Komlell, reuconlre la j;loire sur les mêmes basfonds où le cuirassé « Independoncia », entraîné par l'aslucieux chilien, trouve sa fin. La difTérence du tirant d'eau des deux navires inspire au commandant Ivondell la saine tactique. A la bataille de Lépante, rhéroïque Agostino Barbarigo n'a pas fait preuve du même coup d'œil. Commandant l'aile gauche chrétienne, il se laisse cerner par la droite des Turcs qui, ayant des navires d'un plus faible tirant d'eau, rendent inutile l'effort de Barbarigo, cherchant à s'appuyer sur la côte pour leur interdire le passage. L'exemple de Lissa est plus frappant encore. TeghetofT, peu confiant dans son artillerie d'un calibre inférieur, fonce sur les Italiens par l'étrave ; par contre, les Japonais, en 1894 et 1904, inaugurent la tactique des grandes distances et de l'intensité de feux qu'avec autant d'adresse les Grecs de nos jours ont appliquée deux fois devant les Dardanelles contre une escadre de beaucoup supérieure en déplacement et en nombre de bouches à feu.
La tactique navale à la seconde guerre médique n'est plus ,dans l'enfance; c'est que le matériel de guerre était déjà assez perfectionné.. Il ne faut pas oublier que la trière, môme la trière non pontée, est l'apogée de l'architecture navale antique, l'idéal du bâtiment de guerre à rames. L'esprit humain, une fois engagé dans celte voie, ne pouvait pas, à la vérité, faire mieux.
Les tacticiens grecs et barbares paraissent en possession d'une science et d'une habileté presque égales. C'est que, dans la marine, ce n'était pas comme dans l'armée de terre. Sur terre, la supériorité des Grecs est incontestable. Elle est môme telle que plus lard le grand roi mettra une bonne partie de ses espoirs dans les mercenaires grecs, dont l'intelligence du commandement, l'armement, la tactique, et môme la discipline, sont supérieurs à ceux des Barbares. Pendant plus d'un siècle, la Perse empruntera à la Grèce son infanterie, et ce n'est pas seulement à la bataille de Cunaxa que la phalange grecque marche au service d'un prince perse '. Sur mer cependant,
\. L'inscription d'ailleurs q>ie les mercenaires grecs de Psainetik gravaient sur la colosse d'Abou Simboul en Nubie, sejtt siècles avant notre ère, prouve (pie déjà