‹ La bataille de SalamineChapitre 84 sur 325 · LA TACTIQUE NAVALE · texte numérisé non relu

LA TACTIQUE NAVALE

les choses diffèrent essentiellement, pour la simple raison que j l'armement est le môme des deux côtés; les marines militaires | asiatiques ont presque toutes précédé les marines grecques, et ' les Phéniciens furent les maîtres de l'art nautique diins la j Méditerranée. ^

Les arsenaux asiatiques excellent dans la construction da navires rapides, et celte supériorité, ils la conserveront encore \-\^ aux jours de la guerre du Péloponose et do la haloille des Argi- \ . mises, où les navires montés par les Lacédémoniens, construits ^ sur le littoral de l'Asie Mineure, sont plus rapides que les I trières athéniennes bâties un peu à la hâte, il est vrai, cette fois '. La conséquence naturelle en est que la tactique des , barbares sur mer n'est pas aussi élémentaire et pauvre que celle de leur armée de terre, dénuée de toute qualité offensive, à cause de ses grandes masses, et de la cohue des milices nationales, souverainement incapables d'évoluer avec rapidité. La (lotie deXerxès, en revanche, composée d'escadres phéniciennes, ioniennes ou cariennes, représentait tout le progrès de l'art nautique^, des constructions navales et de l'organisation, réalisé jusqu'alors. Les armées de terre barbares, c'est le passé, la stagnation ; par contre, les escadres du grand roi ne proviennent pas de la côte des Arômes ou de Penjab, mais de Tyr, de Sidon, d'Halicarnasse ou de Kymé, et leur tactique est un progrès.

Par ce que nous savons de la trière, par ce que nous pouvons recueillir de notions chez les anciens, on obtiendrait une idée assez claire de la tactique navale du v^ siècle. Hérodote, dans ses histoires, est suffisamment explicite en fait de formations de combat. Ce que nous trouvons chez lui, joint aux indications qu'on peut tirer de Thucydide, Xénophon et Polybe, suffit à combler jusqu'à un certain point la lacune qui existe par le

il une époque jilus recuire encore les services de Tinfanterie grecque étaient recherchés chez les Barbares. C'est que les années grecques avaient, pour faire la guerre, une manière assez méthodique et savante, qui était totalement étrangère aux peuples orientaux.

Page 1