Xénophon, UeUéniqties, I, fi, 29 et s
fait de rabscncc d'un traite de tactique navale à cette époque lointaine. Cependant un manuscrit de la bibliothèque Ambrosienne, malgi'é qu'il date d'une époque relativement récente, paraît inspiré des théories anciennes. Ce manuscrit, 7V«zVe de tactique des bâtiments de guerre à rames, paraît ôtre un recueil d'instructions en usage dans les flottes anciennes, et résumer l'expérience grecque sur la conduite des flottes à rames. 11 est assez mutilé, mais tel quel, oITre une grande utilité '; toutefois, notre grande source sera toujours Hérodote, dans ces admirables récits de la grande crise historique dont son livre immortel nous a conservé le souvenir. Prenons les armées de trières au moment où elles glissent de la grève à l'eau, et côtoyant ordinairement la terre, s'avancent explorant l'espace. Dès quelles appareillent, les flottes adverses se cherchent. Le service de l'exploration, bien organisé, marque un progrès et ne saurait pas ôtre négligé sans nuire. Les guerres médiqucs n'ignorent pas ce chapitre de tactique, comme la rencontre des éclaireurs des deux marines dans les Sporades septentrionales le démontre. L'anonyme tacticien du manuscrit Ambrosien en expose le pi'incipc : << Souvent, ignorant où se trouve l'ennemi, nous 11' rencontrons inopinément et sans èlie prêts au combat. Il en résulte la nécessité d'être vigilants, et d'envoyer devant nous des navires pour explorer la roule et signaler l'apparition de l'adversaire. » Le manusci'it contient ensuite une série d'instructions relatives aii service d'exploration en usage chez les anciens. Il parle ensuite des éclaireurs débarqués qui, du haut des sommets voisins, suivent les mouvements de rcnnomi, sage et prudente mesure pour une marine qui disposait de navires à mâts peu élevés. Nous en trouvons des exemples chez Hérodote, comme ces héméroscopes qui, du haut dés monts de l'Euhée, se rendent compte du naufrage terrible de Sépias ou de l'approche de la
1. Ce manuscrit a été pour la premit-re fois publié par M. K. K. Millier, Eine Griecfiische Schri/t uber See/crief/, Wiirzburg, 1882. Franscosco Corazzini a publié une traduclion en italien. Une édition, suivie d'une étude, a paiu à Athènes par nos soins : Na-JTtxT, Toc^tixt. twv 'Ap/aiuv. 'Ev 'Aer.vais, 1899.
LA TACTIQLK NAVALE 99
flotte d'Apliètcs ' et en informent les stratèges. Il paraît môme qu'ils ont déjà entre les mains un livre de signaux assez perfeclionné, à juger par le rapport assez détaillé qui, d'après Hérodote, a été transmis à la flotte d'Artemision - au moyen de signaux à feu j)ar les vigies de l'île de Skialhos sur le sort des bâtiments en observation de la grande garde grecque dans les eaux des Spôrades septentrionales.
Don Juan Cfirdona, envoyé en exploration avant la bataille de Lépante, découvre toute la flotte turque du haut d'un îlot, tandis que le pirate Caracodja, qui précède en éclaireurla flotte ottomane et s'est contenté d'explorer l'horizon du calcet de sa galère, ne prend qu'une idée confuse des forces ennemies. Les signaux, en pareille occurence étaient, chez les anciens, le jour, la toile blanche, la fumée épaisse et noire, les reflets d'un miroir ou d'une lame de sabre, — déjà le langage par signaux commençait à se former, — enfin, le clairon ", — la nuit, les feux, -upasîat. '". Des avisos rapides servaient aussi à renseigner le chef. Le procédé était anciennement en usage, et déjà Agamcmnon promettait à Glytemnestre de l'avertir de la prise d'Ilion au moyen de signaux de feu '.