Hérodote, VII et VIII passiin
■2. Amiral Serre, Le Siège de Pylos. Paris, 1891, p. 12.
LA TACTIOLK NAVALE 10;{
gularitos de la formation et aux circonstances imprévues. En ordre serré, la dislance est souvent réduite à deux longueurs de trière. Près de l'ennemi, au moment d'entrer dans une passe étroite, on peut, sur une tlottille à rames, adopter ce chifTre, c'est-à-dire deux fois la longueur du vaisseau, sans courir le risque d'engager les avirons. Les trières athéniennes ayant à peu près 40 mètres, celles des guerres médiques 35, une escadre, par application de ces principes, serait entrée dans une passe ayant 80 mètres de distance entre les colonnes. L'amiral croit que la largueur du chenal doit être de 40 à oO mètres pour que deux trières à l'aviron puissent s'y croiser * ; ce qu'il ne faut pas perdre dej^ue aji moment d^e discuter la tactique employée à Salamine. Hérodote ne manque pas de signaler de pareilles erreurs de lactique et leurs résultats funestes. Ainsi il fait remarquer la bousculade et la confusion produites dans les rangs perses lors des combats d'Arlémision -. Il ne faut pas oublier avant tout, que les trières étaient des navires armés d'éperon et que la distance d'un navire à l'autre devait être une des premières conditions d'une bonne formation tactique, afin de prévenir des abordages dangereux. Toute lactique règle d'abord des ordres de marche ayant pour but de grouper les navires sans les exposer à des abordages, de leur permettre de se déplacer ou de modifier leur position sans relard et sans confusion.
Le capitaine des galères Pantéro-Pantéra, si plein d'expérience en fait de navires de guerre à rames, dans son Aimata Navale discute la question des distances, tant entre galères qu'entre navires à rames grecs ou romains. Il s'oppose aux très grands intervalles pour ne pas permettre à l'ennemi de traverser et de couper la ligne, et il finit par recommander ce qu'il appelle distance de rame, c'est-à-dire l'espace nécessaire à ce que les rames puissent manœuvrer sans crainte de toucJier celles des navires voisins, ramer pour faire avancer la trière en toute