‹ La bataille de Val-de-Cassel de 1677, ses préludes et ses suitesChapitre 15 sur 22 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Les progrès du moiiaii[nc fraiiçaib, dans les Pays-Bas, lurent rapides, en 1667, puisqu'il prit alors presque toutes les villes de Flandre, en une eampagne.

Ces promptes et innombrables conquêtes du roi Louis XIV, dit le Grand, liront dire en ce temps :

Louis f plus digne du trône, Qu'aucun roi que l'on ait vu.

Enseigne l'art à Bellone De faire des impromptu.

C*est une chose facile Aux disciples d'Apollon :

Mais ce conquérant habile A plustôt pris une ville Qu'ils n*ont fait une chanson.

On a dit aussi, alors, de ce monarque :

Vous pouvez ajouter victoire sur victoire, Mais rien ne saurait plus augmenter votre gloire (i).

(i) C'est après ces victoires qu'on donna, et surtout en IdSl, à Louis XIV, le surnom de Grand.

Les archéologues connaissent les belles médailles commettoralives, si nombreuses, frappées ^ roccasion des vic-*^ toîres brillantes do Roi, ainsi que les riches peintures el giavures, d'apiès Vandermenlei»' el autres artistes renommés, exécutées eu son houneur. Celles regardant Cassel pour i677, sont reproduites à la fin de ce petit travail.

Citons à présent Une médaille à V effigie de Louis XiV^ frappée lors de la paix générale de Nimégue de 1678 (i).

L'inseription du levers est .*

Ludovico magnOy qui Balavis debellalis, Hispanis toties dcvictis, sequamis bis Subactis, Germanis ubique superatis, Hostîum classibus fugatîs et înceDsb«

Toli fere Europse conjuratse et

Fédérales pacem dédit, imperavit^ Anoo MDCCIAXVIII.

A LouiS'le- Grand qui, après avoir défail les Hollandais, vaincu plus d'une fois les Espagnols, soumis deux fois la Franche-Comté, battu, à divers endroits, les Allemands, chassé et brûlé les flottes ennemies, donna la paix à TEurope presque toute conjurée contre lui, el l'obligea de l'accepter aux conditions qu'il voulut, en i678.

Comme contrasic avec les souvenirs d arables des faits

d armes glorieux de Louis XI Y, nous ne pouvons nous

empêcher de produire ici un détail historique très-peu

connu en France , c'est-a-dire de citer ce qui fut fait

en l'honneur de S. A I. Tarchiduc d'Autriche Léopoldy

pour ses conquêtes éphémères en Flandre, vers Tannée

1647, et un petit nombre des suivantes.

(1) Cette belle médaille est mentionnée par le père Ménes^rier*.

Mous parlerons d'abord d^uDe gravure magnifique et bien rare (i). Le prince Léopold-Guillaume, gouverneur fie la Belgique et de la Bourgogne pour le roi d'Espagne, sW trouve représenté triomphant, k gauche du premier plan \ il est à cheval . Derrière lui est un arc de triomphe riche. La Flandre s^agenouille à ses pieds et f dépose une couronne de lauriers. Elle est suivie et entourée de petils génies représentant les villes conquises. Ils déposent aussi, chacun, le blason de la plaœ d^ guerre qu'ils représentent (ii). Plus loin, h droite, sont des personnages vaincus, avec des accessoires hideux qui , soit dit en passant, tachent le tableau.

A côté de Léopold, il y a des figures allégoriques : la modération» la force, la prudence el la justice.

fj'aiic de triomphe, derrière Tarchiduc, représente celui posé en MDCLIIl, par ceui de Gand, on y voit Tinspription S. P. Q. Gandavensis. En haut de la porle de ce monument triomphal sont gravés à trois angles les mots suivants : Flanâria liberata, — Oceano pacato. — Lùo restilulo,

Une inscription, placée sur le carré central du même fronton, est en caractères petit romain, comme suit, sauf

(les lacunes regrettables.

(i) Cette gravure a Im 30 c. de largeur sur 0,92 c. de hauteur. Elle a été exécutée en Allemagne. Auteurs : Eraitnus ÇwHimus, inventeur; 5ehe(f«, à Bolswert, sculpteur. — Le sieur Hutin, graveur à Lille, la possédait eu 1862.

(II) Il y a entre autres noms de villes inscrites sur des ban- ^erqlles tenant à chaque blason : Burhurgum, Casletum, fAehpUV*, Gravclino, St.-Venanti, Oiienda, Comminum, Dixmuday fpra, ^vkar^a^ Winoe-Berg^ Menino^ Cortracum^ Àrmentaria, Furna,eto.

« Tota quideiii, Leopolde; tuis secura sub armis

» Te serv^tprem Belçrica terra \OLat, » Sed tamen ante alias palrioi Xe Handria paireui

» Ulloremque inei sanguinis îina colo.

» Pene fui sioe Tk gailo dominante subacla;

» Tb sioe jam, vereor, tota subacta forem.

» Nuoc omnes per Te quantum lysa continet urbes

» Ad Dominum speeto laeta redisse meum.

» Sic âge; sic Leopolde sutiiii Te Belgica patrom

1 Plos etiam exemplo, discat aroare meo. »

A la droite du tableau, il y a, b la partie sup^euie,

un soleil dont le disque poiie les lettres P. I.. entrelacées (initiales du roi Philippe et de Léopold); cet astre projette de nombreux rayons, distincts, sur toutes les villes de West-Flandre, représentées au 3/ plaii, dans leur position to(>ographique, avec les rivières» canaux, et la mer agitée dans le fond. Autour de ce soleil éclatant sont d'autres génies portant les armoiries des villes du Hainault, du Cambrésis, etc., avec leurs noms sur des banderolles (i). Il y a lli aussi les chiffres L. G. huit fois répétés

Enfin là se voit l'inscription latine suivante, portée par des génies ailés et ingénieusement groupés.

c Austriaco Te celsa dédit germanîa partu » Gognatum Radiis magne, Philippe, tuis

9 Inferior per Te venientem a sidere tanto.

» Rébus in augustis Belgica sensit opem.

» Sic alto exoriens imo sol prospicit orbi ,

(i) Entre autres villes CoâMMwm, le Catelet, etc. (Il) Chiffre de rarchidqc (^iafiolâ'Guiatmm^,

> Signaque nalurs dat generosa su».

> Altorum est predesse humiti; sit par va jacensqoe

» Belgica sublimem Te Leopolde probat; » Et probat esse aliqueni ciii sint etiani infima curae.

> lllius ô quantum luiaeu ex instar iiabes! »

Pour en finir avec cette gravure historique et allégorique, nous dirons quj& nous y aYons remarqué une chose assez curieuse. Le rayon lominenx qui, du soleil susdit, se porte directement sur Cassel, et un petit nombre d'autres rayons dirigés sur quelques autres villes, sont visiblement eifacéa, après coop, par le burin de l'artiste, mais ils y apparaissent encore un peu. N*avait-il terminé entièrement ce travail qu'après que Cassel et son territoire furent repris par les Français en 1658 f Si ce fut là l'intention modifiée du graveur, ce qui est très-vraisemblable, on peut dire que, peu de temps après, on aurait pu eiïacer tous les rayons éclairant directement les autres villes de la Flandre la plus occidentale, car le triomphe fut court. En effet, toutes ces places furent bientôt reprises par les Français, sous Turenne, et cette gloire de Léopold fut par Ih complètement effacée (i).

(i) Nous avons entretenu, l'an dernier, 1863, la Commission historique du Nord, d'un autre tableau par nous trouvé à Armentières. H représente le siège de cette ville, en 1647; sa dédicace à rarcliiduc Léopold, qui venait de prendre cette place forte, sur la Lys, est airisi conçue :

« A Son Âlteze Screnlssime, » Monseigneur,

» Le sort ayant marequé la ville d'Armentiers pour le pré- » lude et avant-courrier de vos victoires dans la Belgique, » nous présumons d'offrir un foibie crayon du plan du siège

Ajoutons que daD» le curieni^ onvrage du \1J^ siècle,

de la bibliothèque impériale fi), où se irouveiit des gravures d'après YandermeuleD^ se voit une autre plaocbe trèsbien exécutée. Cest une espèce de caricature k propos des perles des Espagnols et des nouveUes ac(]uisilions par les Français, dans ia dernière période des guerres, avant la paix de Nimègue.

Dans le fond de ce tableau gravé, se voit en petit la bataille dite de Mont-Cassel de 1677. Au premier plan, un espagnol tient un chapelet à gros grains dont le 61 est brisé et ses deux bouts peiitlants. Ces grains sur lesquels sont inscrits des noms de villes de Flandre, etc., s'en échappent et tombent sur le sol. Ils sont ramassés, un à un, par un jeune Français qui les donne, tour-a-tour, pour le grand chapelet que tient solidement un autre personnage qui semble être Louis XIV.

Sur chacun de ces gros grains est écrit le nom d'une

» d'j^^celle à Votre AUeze Ser. avecq supplication très-humijie > de le vouloir aggréer; et sy la lys effrayée du bruict de voz 1 canons, s'est retirée dans le plus creux de son lict, quelle

• posture tiendrai la Sambre lorsqu'elle verra votre démarche i et aproche, entendra le foudre de voz tonnerres, et la plus » importante de ses forteresses enlevée à ses yeux et subir » vos ioix, n'aurat elle pas subject d'avouer que Àustriadum » popuhis nomen fatale regendi»^ puisque ce sont les oracles de

* la destinée de Votre très-auguste maison interprétez par

• Monseigneur. »

L'emphase de ces lignes adulatrices contraste aussi étraiit^'enient avec les revers essuyés, peu d'années après, par ce général-archiduc.

(i) Histoire de la Franetpour 1676 à 1678, volume de gravures, in-folio, déjà cité.

vlUe de Flandre perdue et regagnée par les Français, .

et entre autres les 32 places conquises en Franche- Comte. Par teire sont encore des graips portant les noms de FrilHntrg» Agu$ta» etc.

Cette gravure est intitulée le CkapdH de l'Espagnol qui se défile. Elle est de Tannée 1677, celte raillerie est un li-propo8 historique assez spirituel.

Voici quelques-uns des vars qui raccompagnent:

c De Catholicité ce faux dév6t se picque,

> HaiSi depuis qu'il défend un état hérétique (i),

• On le peut bien nommer CathoUqvs à groê ^foins; » Son valet l'avertit, par un soin inutile,

> Que son grand chapelet tous les jours se desfile,

» 11 n'y peut donner d'ordre, et c'est là son chagrin.

» Cependant le françois^ dont la manière ouverte

> Sait généreusement profiter de sa perte,

» Trouve que tout succède à sa dévotion. » (ii]

(i) Par allusion à l'alliance des Espagnols avec les provinces- Unies, protestantes, des Bays-Bas : c'est-à-dire les HoUandaii.

(u) On pouvait ajouter :

6KSTA Dfil PJiR FftANGOS.

Traité de paix de Nimègue,

C'est en voyant ses frontières entièrement assurées, pat* de nouvelles victoires, en Tannée 4678, (]ue Louis XlV se rë&out, dans sa géuéiosilc^ à (iuniier la paix à TEurope (i), mais à des conditions qu'il veut bien imposer lui-même. 11 fait des propositions k cet effet, te 9 avril. Après des tergiversations de peu de durée de la part des coalisés; {rais quelques résistances, bient6t vaincueë, et une nouvelle défaite du prince d'Orange, près de Mous, le piojei de paiv fut signé h Nimègue, et le traité de paii définitif peu de temps après (u).

(i) Cet t$po\T fut déçu. Nous savoîis combien furent grandes

encore les hostilités qui suivirent la paix d'alors; elles eurent de pénibles retentissements dans les Pays-Bas occidentaux. Nous avons aussi connaissance de la ligue cV Augsbourg, après 1685, puis de la guerre de succession au trône d'Espagne, en 1700, suivie de la paix d'Utreclil, en 1713. Ce fut deux ans avant la mort de Louis XlV.

(u)Four ce qui concerne la Flandre et les Espagnols, le traité

D^àatres arrangemeuts eurent lien plus tard pour certaines des places et leurs terriloireS) de la Flandre occideutale.

Les traités conclus entre la France et les puissances

alliées furent signés, cY'sl-a-dire le projet do paix, par les plénipotentiaires des puissances, le 10 août 1678^ le traité définitif avec les Provinces-Unies fut signé le même jour. Celui avec l'Espagne, le 47 septembre suivant, et enOn le traité de paix avec l'empereur d'Allemagne, le 5 février 1679. On appela ce traité la paix 4e Nimègne (i).

Nous tenons h donner un extrait de ce traité de paix, uii furent médiateurs le pape Clément X, pour les princes catholiques, et Cliarles 11» roi d'Angleterre, pour toutes les puissances.

Nous ne citerons ici que ce qui se conclut entre les couronnes de France et d'Espagne.

« Au nom de Dieu h créateur, et de la très-sainfe

I» Trinité : A tous présents et a venir soit notoire. Que

» comme pendant la guerre qui s est mise, depuis quelques

» années, entre le très^^haut, tiès^^xcellent et très-puissant

» prince Louis XIV, par la grâce de Dieu, roi très-chrétien

» de France et de Navarre, et ses alliés, d'une part; et

» très-haut, très^zcellent et très-puissant prince Charles II,

» par la grâce de Dieu, roi d^Espagne, et ses alliés,

(\e paix définitif fut sij^né, par le grand Conseil, ^ Madrid, et ratifié par ia main de Cliarles II, successeur de Philippe IV au trône d'Espagne.

(i) Nimègue, ville de Hollande (Gueldre)» sur le Wahal,

» d'autre : Leurs Majestés iravaient rien souhaité plus ar~ » demmeat que de la voir fmir par une boooe fois; et » que par ce même dësîr d*arré(er autant qn^il serait en

» elles la désolation de tant de provinces, les larmes de » laut de peuples et l'eilusion de tant de sang cUrélieu, etc.

1» Sont convenus et tombés d'accord des conditions rëci-

» proques de paix et d'amitié, en la tenir qu'en suit : (i) » Art. i — il est convenu et accordé qu'à Tavenir il y aura bonne, ferme et durable paix entre les Rois trèschrétiens ei catholiques.

Art." IV. — En cootemplation de la paix, le Koi; très-chrétien, aussitôt après l'échange des ratiGcations du présent traité, remettra au pouvoir du Uoi catholique la ville et forteresse d'Audcuarde el Courtray, etc., avec leurs chatellenies, avec leurs appartenances et dépendances, cédées au seigneur roi très-chrétien, au traité signé k Aii-la-Chapelle, ie 2 mai 1668.

Art. V. — Le Roi très-chrétien s'oblige de remettre aussi entre les mains dndit Roi catholique la ville et citadelle de Gand, le fort de Rodenhus et le pays de Waës, etc.

Art. X. — Gomme les ministres de S. M. très-chrétienne, après la paix d'Aix-la-Chapelle, ont soutenu en la conférence de l^ille, que les écluses de l'occident de Torient de la ville de Niewport et le fort de VierbœU^

étant au bout de l'écluse d'occident, étaient du territoire

(i) Extrait de l'Histoire du traité de paix de Nimègue, impri- Oiée à Amsterdam, en 1754.

- in -

et juridiction àe la chatellenie de Furnes^ et néanmoins appartenaient aux fortifications de iNiewport, ils resteraient, eomme eetle ville, au roi catholique.

Art. Xï. — Ledit seigneur roi Irès-chrélicn rclicndra et demeurera saisi, et jouira eûectivement, tant de tout )e comté de Bourgogne, ^ vulgairement appelé la Franche- Comté, comme aussi des villes de Valendennes et ses dépendances, Bouchain, Condè, Cambrai^ et le Cambresis, 4tVe« St, -Orner et leurs dépendances, Fpres et sa chatellenie, Warmck, Warneton (sur-la-Lys) , Popertngue, BaUleul et Ca&&el avec leurs dépendauces, Bavay et Maubeuge^ avec leurs dépendances. ^

An. XII. — Ledit comté de Bourgogne, comme aussi leâdites villes et places, leurs baillages, chaiellenies , gouvernances, prévôtés, territoires, domaines, seigneuries, appartenances et avec tous les hommes, vassaux, sujets, villes, bourgs, villages, hameaux, forêts, rivières, plat pays, salines et autres choses quelconques qui en dépendent, demeureront, par ledit traité de paix, b S. H. très-chrétienne et h ses hoirs, successeurs, et ayant-cause, ijri;évocablemenl et îi. toujours avec les mêmes droits et souveraineté, propriétés, droit de régale, patronage, gardieunelé et juridiction, noiuinatiou, prérogatives et prééminences sur les évêchés et églises cathédrales, et antres ilbbayes, et autres quelconques bénéfices étant dans l'étendue du pays, ql tous autres droits qui ont ci-devant appartenu au roi catholique, sans qi|^ Sa Majesté trèirchrétienne puisse être k Ta venir troublée ni inquiétée par quelqMe voie que ce soit, de droit ni de taii, par ledit

seigneur roi catholique, ses successeurs ou aucuus princes de sa maisoD, ou par qui que ce soit, etc.

Le paragraphe XX dit : tous les papiers, lettres, documents concernant le» pays, terres et seigneuries qui sont cédés et reslilués auxdits seigneurs Rois, par le présent traité de paix , seront fournis et délivrés de bonne foi de part et d'autre, dans trois mois, après que les ralilications du présent traité auront été échangées, en quelques lieux que lesdits papiers et documents se puissent trouver, même ceux qui auraient été enlevés dans la clladelle de Gand et de la Chambre des Comptes de Lille.

En témoignage desquellos choses, les plénipotcnliaires ont souscrit (e présent traité de leurs noms, et fait apposer le cachet de leurs armes.

Fait h Nimègne, ce dis-septième septembre mil six cent soixante et dis-huit.

(L. S.) Le maréchal d'Estrades.

(L. S.) Colbert.

(L. S.) De Mesmes d^Avaux.

(L. S.) Pablo Spinola Doria.

(L. S.) Coude de Bena rura, marquis de la Fuente.

(L. S.) iean-Baptiste Chrîstin.

Ratifié par le roi, b St.-Gcrmain-en-Laye, le 28 septembre 1678, et par le roi d Espagne, le 14 novembre

le /?ot de France s'occupa, avec grande activité, de la Flandre du côté de la. mer, conquise par ses armes. Ce fol non-sculemenl après le traité de Nimègue de 1678, mais déjh dès le courant de Tannée du traité de paix d'Aix-hrChapelle (1668), ^ la suite de la guerre pour les droits de la Reine.

Alors toutes les villes tories, prises par les Français, dans le ujesl-quartier de Flandre, furent l'objet de la sollicitude de lionis XIV. Beaucoup é^édits forent publiés en leur laveur, et en celle de leurs ciiatellemes. Le Roi voulut modifier par certains errements Espagnols et supprimer des abus.

Nous nous contenions de citer ici, comme exemples des extraits de quelques-uns de ces édits, renvoyant pour d'autres actes royaux non moins intéressants pour ce pays a leur Recueil officiel (i) imprimé a Douai, en 1730.

Édit portant établissement du Conseil souverain de

Tournai» conformément aux Capitulations.

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, etc.

Ces considérations, jointes au désir que nou» avons de (aire jouir les peuples des pays que nous avons nouvellement conquis, d*un repos et d'une tranquillité parfaite...

Avons résoin de créer on tribunal ou conseil souverain en noire ville de Tournai (en remplacement du conseil

(i) Htcutil du éditt^ âéelarationi, atréts ti règlementi qui sont propres et particuliers aux provinces du ressort du parlement de Flandre, depuis 1661 jusqu'à 1729.

ae Gaud et du parlemeiil de Matines) et de la composer de gens du pays saivant ce que ooits avons promis ftar les capitulatîoDS accordées aux babitanis des villes, bailliages et chatelleaies qui sont soumises à noire obéissance, afin que par les connaissances qu'ils ont des lois et des coutumes du pays, la justice qu'ils rendront aux peuples soit mieii^L reçue et plus selon leurs mœurs. Savoir faisons, etc.

Donné b Saint-Geirmain-en-Laye, au mois d'avril 1668.

Edit du Ray qui défend le port et Vusage de$ eouteaux pointus (i).

Louis, par la grâce de Dieu, etc.

t)epui8 que l'heureux succès de nos armes et la justice de nos prétentions nous ont conquis plusieurs villes et diverses chalellenies, tant en Flandre que dans les autres provinces des Pays-Bas, nous avons employé tous nos pour y faire régner la justice et pour y faire jouir siijeis du repos et de la tranquillité de la paix^ et |ant qu^elle n'était troublée que par les fréquents elles et démêlés qui arrivent enure les habitants des llf's villes et chalellenies, dans la chaleur desquels ils portent à de tels excès qu'ils se frappent, se blessent I souvent s'entretuent à coups de couteaux, etc., etc. |Savoir iaisons que, par ces causes et autres bonnes isidérations à ce nous mouvans, nous avons statué ordonné ce que s'ensuit. Que si, au préjudice de nos

HubiLude contractée dans les Pays-Bas, à l'exemple des ignols, dont on s'y rappelle encore leurs poignards!

défeoses, aucun est si osé que de porter des couteaux poÎDtus et de les tirer a dessin d'en frapper, encore que le coup ne soit suivi d'aucune blessure, voulons que, pour la première tois, il soit condamné au carcan ou banni de noire royaume, et en cas de récidive, condamné a plus grosse peine corporelle a 1 aihilrage des- juges. Que si aucun frappe du couteau k plaie ouverte et avec effusion de sang, voulons qu'il soit puni de la peine des galères, ou même de mort si le coup est suivi de mort. Ët pour entièrement retrancher le mauvais usage desdits couteaux pointus, nous faisons très- expresse inhihiiion et défense, aux couteliers et autres ouvriers et mai'cbands, de tabriquer, vendre ou débiter aucuns poignards, stiletSf bayonnettes ou couteaux pointus It peine de confiscation et d'amendes, etc.

Défendons aussi, très-expressément, à tous hôteS) eabaretiers, etc., de se servir sur leurs tables, dans leurs logis ou ailleurs, de quelque manière que ce puisse être, de couteaux pointus, leur enjoignons en même temps de faire émousser ceux qu'ils possèdent, trois jours après la publication de notre présente ordonnance, scellée du grand sceau de cire verte à lacs de soye rouge et verde.

Donné \i St.-Germain, au mois de juin 1669.

. Signé : Louis,

Edit du Roy portant attribution de juridiction au Conseil souverain de Tournai dans les villes et lieux qini ont été cédéz à Sa Majesté par le traité de Nimègue.

Donné k St.-GermaiiHen-Laye, au mois de mars 1679.

Louis, par la grftce ûe Dieu, etc.

Comme la justice est le plus ferme appui, et le foudemeol le plus solide des monarchies, nous nous sommes toujours attachés, avec une application particulière, à la faire rendre à nos sujets. Noire premier soin a été de la faire régner dans les lieux nouvellement soumis a notre obéissance, avec des succès inespérés qui ont pleinement comblé nos souhaits, etc.

Par le traité conclu et signé entre la France et l'Espagne, le 17 septembre 1678, par lequel notre trèscher et trèsr-aimé frère et cousin le Roy catholique, nous aurait cédé, entre plusieurs autres, les villes de Valendennesi Cambrai, Ypres» Catêd, BaiUeul» Papmngue, etc., voulant régler la manière dont la justice devra dorénavant être rendue à nos sujets et habitants desdits lieux par nous conquis, sçavatr faùons.

Disons, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaît que tous les jugements et arrêts rendus par les gens tenant notre Conseil souverain <%bli k Tournai, concernant nos sujets et habitants desdites villes, sortent leur plein et entier effet et soient exécutés, etc.

Ama du Conseil d'Etat du Roy du 39 avril 1673,

pour la visite et réformalion des bois et forest de la Flandre maritime (i).

Roy voulant être informé du nombre et qualité (i) Extrait des registres du Conseil d'État.

is

^es foresis étant dans Testendue des pays qui ont été fédés k 5a Majnièy par les traités de paix, dans la province de Flandre du côté de la mer, Sa Majesté ^ en son conseil, a commis et député le sieur Boistel de Ghastignonville, intendant des places de Flandre, du côlé de la mer, pour faire descente el visite exacte de la forêt de Nieppe et autres appartenant k S. M. dans les cbatellenies de BatUau^ Bergws» Si.-Winoc, Fume$^ Ypres, Cassel cl autres de ladite province de Flandre - maritime, etc.

Edit du Roy portant qu il ne sera pins plaidé daus la ville d'Ypres, ainsi que dans toutes les autres villes et chatéllenies de la Flandre occidentale qoi sont en Vobëis.saiice du Roy, qu en langue française. — Donné à Versailles, an mois de décembre i684.

Louis, etc. Etant informé que dans les villes et chabillcnies de la Flandre occidenialc, qui sont en nuire obéissance, Ton y plaide en langue flamande, en sorte que lorsque nos sujets desdites villes et cbatellenies sont obligés d'aller plaider en notre Conseil supérieur de Tournai, et souvent pour des affaires de très-petite conséquence, ils sont tenus de faire traduire en français, non seulement les pièces des procès, mais encore les écritures, ce qui, outre les grands frais que cela leur cause, il poorroit arriver que ces traductions, n'étant pas fidèles, elles raellroioni en grond péril la vie, l'honneur et les biens des parties, d'aulaut plus qu'il se trouve de certaines constructions dans la langue flamande, qui ne se

peuvent rendre aiséraenl en une autre, de manière que^ romissiou d'un mol et quelquefois d uue virgule, est capable d^altérer le véritable sens d'une pièce, sur laquelle roulera la décision d un procès, et désiraul

sçavoir taisons, etc C^r tel e$t notre plaisir.

Signé : Louis.

C'est k regret que nous ne citons pas ici d'autres extraits et actes officiels concernant la Flandre marilime, dtt temps de Louis XIV surtout. Nous en possédons un assez grand nombre (rinédiis du 17. " et aussi du 18." siècle regardant particulièrement Cassel et ses environs; cependant notre siijet actuel ne permet pas de poos étendre, en ce moment, sur ces détails administratif? qui changèrent la face des affaires du mil-^uarlkr d9 Flandres, Du reste, les archives que nous eonservons^ soigneusement, et que le hazarJ cl de nombreuses recherches nous ont lait découvrir, éparses et parfois détériorées en partie, sont d'un intérêt local ott personnel : nous tâcherons d'y revenir.

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