‹ La bataille littéraire (volume 4)Chapitre 45 sur 78 · EDOUARD PAILLERON · texte numérisé non relu

EDOUARD PAILLERON

Amours et Haines. — 1888.

Pour être homme d'esprit, on n'est pas moins poète.

Ce vers (c'en est un!) m'est inspiré par la vue d'un volume de poésies signées Edouard Pailleron, de l'Académie' française (C. Lévy, éditeur). Evidemment, le Monde où l'on s'ennuie ne semble pas, au premier abord, sortir de la même plume que ce recueil intitulé : Amours et Haines, et pourtant, en y regardant bien, on trouvera des tournures d'esprit, une façon de voir, piquante même dans le lyrisme, qui démontrent bien que l'auteur dramatique et le poète ne font qu'un. Ce volume, qui contient quelques morceaux nouveaux, est une suite de pièces qui ont obtenu de très grands succès chez les délicats, et dont je regrette de ne pouvoir reproduire un

morceau entier, quand ce ne serait que le Berceau, un véritable bijou, et surtout la Complainte véritable du vin, dédiée à George Sand. La franchise des premières strophes donnera pourtant idée de l'allure de la pièce :

— Holà, bonhomme, êtes-vous prêt?

Allons-nous-en dans la forêt

Avec des haches et des chaînes.

Allons cogner malin et soir.

Il faut des chevrons au pressoir.

— Tope, dit l'homme, et gare aux chênes !

Et plus loin :

— Gai vendangeur, que me veux-tu ?

Lui dit la vigne au bois tordu, Quand il passe de ligne en ligne.

— Je veux ton cœur tout frémissant, Je veux ta chair, je veux ton sang 1

— Prends ! dit la vigne.

Je -m'arrête, en regrettant, je le répète, de ne pouvoir donner la pièce entière.

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