‹ La bataille littéraire (volume 4)Chapitre 73 sur 78 · Scène toute féminine et maternelle · texte numérisé non relu

Scène toute féminine et maternelle

— Regarde, regarde, ma chère, comme il me va, comme il me prend bien la taille. Laisse-moi l'emporter, veux-tu, pour que j'en découpe le patron. Je devais aller voir aujourd'hui ma chère petite fille à sa pension ; mais je n'irai que demain... Je te le rapporterai ce soir.

Un véritable Gavarni ; qui n'a connu ce ladre galantin ?

— Un petit cadeau par-ci, par-là, les jours de l'an, de sa fôio, de l'anniversaire de sa naissance, voilà tout. De temps en temps, une modeste loge dans un théâtre quelconque,

une promenade au Bois, une partie de campagne dans les environs, un dîner sans façon cliez le restaurateur. Mais jamais, jamais d'argent. C'est une femme du monde.

Toute une comédie, un roman, dans ce charmant tableau :

— Ne vous penchez pas ainsi, Gustave, vous allez nous faire chavirer. Changez plutôt de place avec mon mari. Installez-vous près de moi ; comme ça, l'équilibre sera rétabli. Quelle splendide journée, quelle douce chaleur, trempez comme moi la main dans l'eau ; vous allez voir ; elle est presque chaude, n'est pas ? quel beau temps!

Je borne là mes extraits, renvoyant le lecteur à ce charmant petit livre fait pour les délicats, livre d'esprit léger, délicat s'il en fut, et sur lequel je ne veux pas appuyer davantage dans la crainte de l'écraser.

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