‹ (La) bataille littéraireChapitre 16 sur 22 · II · texte numérisé non relu

II

si justes qu'elles soient, ces représailles me semblent

nés.

ivre nourri de faits, je louerai surtout n ; témoin ces courts portraits des Il Conseil de Régence ; il nous y mone-Louise, qui était une femme et qui gt-trois ans ; Cambacérès, grand juolitique sagace, mais philosophe touparé à accepter le fait accompli ; Jovoué à son frère, animé des plus sinon des meilleures intentions, mais is ressort et dont toutes les velléités avaient été brisées par Napoléon ;Talmal en cour, antipathique au peuple, à tous ; Montalivet, administrateur intègre, mais esprit modéré, ennemi mesure extra-légale ; Rovigo, ayant ministère de la police son énergie de luant au plus fin avec plus fort que lui aent dupe de tout le monde. > dit dans sa préface qu'il n'a voulu rien ien atténuer. Peut-être a-t-il eu tort?

1814 des pages qu'on ne peut lire sans ^e monte au front. Je ne l'accuse pas r de patriotisme, mais en portant le ur les plaies de la patrie, il les dévoile le façon cruelle. Pour terminer, je ne lux faire que citer les dernières lignes ce, qui résument bien le sentiment

'la Gazette de France^ mais les déposi- 3s conseils municipaux déplus de vingt •elataient les atrocités des Cosaques et ssiens. Depuis deux mois, le pillage, le

massacre l'incendie, tous les forfaits, les épouvantes hantaient et troublaient irits. Soudain, en une minute, cette

angoisse s'arrêtait. En même temps évanouissait l'espoir incertain de la viciais le retour à la sécurité compensait is espérances déçues, bien des amerbien des humiliations. Au reste, on ne lait pas, on respirait. »

)n le sent, la constatation exacte de ce ssait dans l'esprit des Parisiens. Sans plus de confiance qu'il ne faut aux réruautés des triples alliés, on doit recon- B la vérité n'était pas faite pour rassurer, le leurs incendies éclairaient des scènes Les hommes étaient frappés à coups de de baïonnette. Dépouillés, nus et attaied des lits, ils devaient assister aux violercées sur leurs femmes et leurs filles ; étaient torturés, fustigés, chauffés, ^n^-u'ils révélassent le secret de leurs ca- L.es curés de Montlandonet de Rolampot issés morts sur place ; à Buey-le-Long, lies grillèrent les jambes d'un domesnmé Leclerc, laissé à la garde d'un châ-

E. LEQOUVÉ

£pi8 et Bleuets

Sous ce titre : Epis et Bleuet s, M- ErnestLegouvé vient de réunir en un volume, paru chez Hetzel, une suite d'études et de souvenirs intéressants à tous égards. M. Legouvé est des rares qui, ayant beaucoup vu, ont beaucoup retenu et qui livrent généreusement à tous les réserves de leur expérience. Son livre est divisé en trois parties : Souvenirs biographiques, Etudes littéraires et dramatiques et Scènes de famille. Sans entrer dans le détail de cet ouvrage d'attrayante lecture, je signalerai à ceux qu'intéresse le théâtre et l'art : La querelle entre deux collaborât eu7^s y récit charmant de la collaboration de Jules Sandeau et de Régnier, quand il s'agit de donner Mademoiselle de La Seiglière à la Comédie-Française ; puis c'est une suite de souvenirs sur Liszt, Chopin et Thaï-

La Fontaine, dans aucune de ses fables, n'a peut-être jamais mis autant de lui-même. Son génie seul ne suffit pas pour nous en expliquer la beauté. Son âge y a sa part. Il ne l'aurait pas écrite à quarante ans, ni même à cinquante. Il faut avoir longtemps vécu, il faut avoir souffert, avoir pleuré, s'être consolé, avoir pardonné, pour réunir en une seule page tant de trésors d'indulgence, de grâce, de gravite, de mélancolie souriante. Il y a dans ces vers un charme d'automne, indéfinissable . Le feuillage des arbres, à l'arrière-saison, est bien plus varié de couleurs, bien plus riche de nuances qu'au printemps ou à l'été, et les couchers du soleil y ont d'incomparables douceurs de rayons. La fable : le Vieillard et les trois Jeunes Hommes est un beau soir d'octobre.

A lire aussi de M. Legouvé une brochure d'une donnée aussi originale que juste : Napoléon i" depuis sa 7nort, Dans cette plaquette (parue à l'administration des Deux Revues). M. Legouvé démontre que jamais Napoléon ne fut plus grand, plus agissant que depuis sa mort, et que, comme toute ombre grandit au déclin du jour, la sienne s'est étendue encore sur le monde au coucher de son soleil.

Physiol

L'histoire inti de charmer les puis et avant Lutêce, malgré défauts. Il n'est telle industrie q forte raison si c sont une néces qu'est la raison volume que M paraître sous c Paris.

A ces mots, qu quels les modes dre la premier aime, et comm^

très près et, en peintre fidèle, il nous les a représentés un à un, tels qu'ils sont, nous soulignant aussi bien leurs vices que leurs qualités, nous montrant les uns vifs, intelligents, érudits, les autres assoupis par les années, l'ivresse, la paresse, insouciants de leur industrie et uniquement occupés à apporter le matin et à remporter le soir leurs boites telles quelles. Dans cette flânerie, cette promenade instructive, nous avons fait connaissance avec tous ces étalagistes proscrits et rappelés par des arrêtés de préfecture, et c'est plaisir d'aller constater, après lecture, la ressemb'ance des portraits de ces rois du parapet. Que d'histoires, que d'anecdqtes! C^lle-ci entre autres : Paul t.acroi:îv, le célèbre bibliophile Jacob, obtint de l'empereur Napoléon III de sauver l'existence compromise de ses chers bouquinistes. Celui-ci lui demanda même de l'accompagner daus une promenade qu'il voulut faire, pour juger par ses yeux de l'état des choses.

Au moment où l'Empereur passait, au cours de sa visite, sur le quai 'Malaquais, en fa^e de la rue des Saints-Pères, il vit un vieil homme qui se chauffait frileusement, à un feu de papiers, sur un réchaud. De temps en temps, il prenait un volume d'une pile de livres, à côté de lui, en déchirait une poignée de feuillets pour alimenter son brasier ; l'Empereur s'approcha et voulut savoir avec intérêt quel ouvrage avait assez peu de valeur pour être ainsi jugé par le marchand

lui-même comme bon à servir de combustible. Le père Foy — qui aujourd'hui ne le connaît encore de réputation? — tendit tranquilleme Napoléon III lut avec stupf en titre courant, ces mots

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