ES
remords.
SPIRITUALISTES ET ROMANTIQUES i03
dévier sa pensée et la livre palpitante,telle qu'elle est sortie de son cœur. Quoi de plus éloquent que cette dure apostrophe à Saint-Simon, dont il reconnait pourtant le génie ; mais il s'agit d'une femme et d'un roi, de quelle femme et de quel roi ? de Mme rie Maintennn et de î.onis XIV.
reste toujours innocent de ses actes, s'effaça et vécut
âPIRltUALlâTES Et ROMANTIQUES lOt
est tempérée par la plus exquise politesse, mais dont la responsabilité incombe uniquement à l'abbé; il n'est point irrévérencieux, mais il dit ce qu'il pense :
yt^r^i*"'-'^-^
demandait deux cent mille tèles. M. l'abbé Coignard est peut-être, de tous les esprits du dix-huitième siècle, celui dont les principes sont le plus opposés aux principes de la Révolution. Il n auniit pas signé une ligne de la Déclaration des droits de l'homme, à cause de l'excessive et inique séparation qui y est établie entre l'homme et le gorille.
A force d'avoir voulu parler de toutes choses sous l'unique contrôle de la logique, le brave abbé s'aperçoit que celui qui ne procède que d'après le bon sens et la raison, pourrait bien n'être qu'un fou. II constate que rien n'est plus fatal que la logique absolue qui conduit au scepticisme, lequel n'est au fond qu'un avant-goût de la mort. A vouloir voir les objets de trop haut on finit par ne les plus voir du tout : à force de vouloir être impartial, on ne sait plus ni aimer ni haïr, on ne sème plus ni reconnaissance ni haine, on ne touche plus ni les cœurs ni les esprits ; ceux-ci vous mettent hors la vie et ne vous considèrent plus que comme un objet inanimé, un méridien dont l'ombre vous marque l'heure ; l'humanité ne serait-elle pas plus heureuse d'ignorer l'absolue vérité et la marche du temps ? Aussi, le brave abbé, changeant de ton. dit-il à son disciple d'un accent si profond qu'il lepénètre jusqu'au fond de l'âme :
— Tournebroche, moti fils, vous me voyez tout à coup
incertain et embarrassé, baibutiantet stupide, à la seule
^^^"^w'^éi^i^'n