‹ (La) bataille littéraire, Volume 1Chapitre 30 sur 38 · PROSPER MÉRIMÉE · texte numérisé non relu

PROSPER MÉRIMÉE

Lettres à une autre inconnue. — 1875

Les Lettres à une autre inconnue paraîtront mardi prochain chez Michel Lévy. Un heureux hasard me permet aujourd'hui de parcourir cette nouvelle collection de lettres de l'auteur de Colomba. Cette autre inconnue ne le cède en rien à la première, loin de là. Éclairées par la remarquable préface de M. H. Blaze de Bury,ces lettres, malgré leur légèreté apparente, voulue peut-être, expliquent plus de faits qu'elles n'en rapportent.

On est tout étonné en lisant ces lettres d'apprendre qu'il existait, chez l'impératrice, une cour d'amom» dont Mérimée, sexagénaire, était le secrétaire. On devait y viser quelque peu au bel esprit; Mérimée ne s'en défend pas, ce qui ne l'empêche

pas de nous montrer se profilant déjà dans Tombre la statue du Commandeur. La statue tient un bâton, mais ce n'est pas le froid rouleau de marbre du Commandeur de Don Juan, c'est un bâton noueux au bout du bras vivant de l'étranger qui vous guette au coin du bois ; le spectre qui le brandit s'appelle Bismarck.

Je ne saurais i^ciieux faire, pour donner ici une idée de ce livre dont je transcrirai plus bas quelques pages, que de citer plusieurs paragraphes de l'avant-propos de M. Blaze de Bury; il a connu Mérimée et le sait non seulement comme il voulait paraître, mais encqre comme il était en réalité.

Parlant de la première inconnue :

Je serais bien étonné, dit M. Blaze de Bury, si la personne qu'on prend généralement pour l'inconnue était la vraie.

Rien de plus indéchiflFrable que ces sortes d'énigmes littéraires, et c'est justement là-dessus que la vanité humaine aime à spéculer. On n'est jamais fâchée d'être Elvire ou de se voir attribuer le mérite d'un livre imprimé sans nom d'auteur, et qui fait un certain bruit. En pareil cas, vous pouvez adresser vos compliments à la femme la plus honnête et la plus, modeste : elle commencera par nier coquettement; insistez, elle minaudera de rév«ntail et sourira d'un sourire qui, s'il ne dit point oui, ne dit pas noni

Je trouve dans cette préface un portrait bien ressemblant de l'homme d'esprit qui s'appelait Mérimée et qui voulait à toute force être un sceptique :

Par bonheur, Dieu a voulu que la nature humaine fût pleine d'inconséquences.

Le cœur vient alors qui corrige Pesprit, et, du cœur, Mérimée en avait plus qu'il ne voulait le laisser voir. Son naturel vaut mieux que ses principes. Sous Pathée et le libertin, Partiste se dérobe sans doute, mais point assez pour ne pas reparaître et s'émouvoir au bon moment.

Tel était l'écrivain, tel était Thomme : le meilleur des fils, Pami le plus sûr et le plus serviable. Courageux, discret, sachant payer de sa personne, en un mot un de ces ironistes qui sont capables de toutes les compassions et de toutes les aumônes, pourvu que la religion n'intervienne pas et qu'on les laisse faire « au nom de Thumanité ».

Passons au portrait physique :

— Mérimée est un gentilhomme, disait M. Cousin.

Cette qualité, jointe au prestige du talent et du renom, expliquerait bien des petites fascinations exercées cà et là jusqu'à sa fin, non qu'il eût rien de ce qui constitue un héros de roman. Il n'était point beau ; sa tête carrée, son expression narquoise et goguenarde le faisaient ressembler à un paysan ; mais il s'entendait aux choses de la vie du monde, marchait l'égal de tous et savait se faire respecter. Avec lui, la littérature ne venait que par surcroît.

Causeur, érudit, archéologue, académicien, sénateur, tout ce qu'on voulait, mais homme de lettres, jamais!

Quelques mots sur la nouvelle Inconnue :

La spirituelle et charmante Inconnue, nommée par l'impératrice Eugénie présidente de la cour d'amour, avait choisi Mérimée pour son secrétaire. L'impératrice adorait ces divertissements renouvelés de Clémence Isaure, et ce

IfcÉlii'iaiiiifiriii'f I

sera son mérite Mérimée, Octave

Voilà tout c pour le momei et bien rares s pas.

Après avoir mot, de Pros] dut ainsi :

Voltaire disait « Si Pétrarqui Je n'oserais ai seule a rendu ^ vie d'action et d( puissamment aid nant en éveil ch( sont le fond et 1(

Passons me dance et voyo n'y trouve pa peu du coup d

Toutes les 1 de la cour d'à:

un emprunt fa

Chère (

.... Tout le m de M. de Morn

vGooQle

plus, à comprendre toute sa valeur. Oa cherche un homme pour le remplacer, et je crois qu'on le cherchera longtemps. Un de vos amis et presque compatriote s'est offert, mais on n'a pas accepté. On dit que M. de Morny est mort épuisé, sans aucune maladie, mais à bout de force, n'ayant plus que de l'eau dans les veines au lieu de sang, A toutes les fatigues morales et physiques, il joignait l'habitude de se droguer à la manière anglaise, ce qui était encore plus dangereux peut-être que le reste.

Je n'ai encore vu personne ; mais, dans une heure, j'aurai fait une visite à l'auteur de la Vie de César, qui veut bien me recevoir aujourd'hui. Le livre embarrasse un peu les gens qui voulaient le critiquer. Ils sont obligés de le trouver un peu trop savant pour eux ; ils disent que cela regarde l'Académie des inscriptions et non l'Académie française. Il me semble qu'il y a de très belles pages. Je suis surpris de l'érudition, plus grande et plus solide que je ne m'y serais attendu; je regrette toujours cependant qu'il n'ait pas suivi mon conseil, qui était de se borner à faire un commentaire sur les Commentaires et à laisser aux pédants en us la discussion des textes et les dissertations sur la manière dont les Romains mettaient leur bonnet de nuit.

Dans une autre lettre, je trouve ce joli croquis de la princesse de Metternich et pour la première fois le nom du grand chancelier :

La princesse de Metternich est, au contraire, toute grâce et toute amabilité. Seulement, elle s'est jetée dans la peinture, j'entends le Samojivopistvo (1) et comme cette science a fait des progrès! Elle a des lèvres d'une couleur de feu ravissante, avec lesquelles on peut boire du thé sans les laisser sur la tasse.

(1) Peinture de soi-même.

vGoosIe

II paraît C'est eneoi ques-uns d Vichy; d'à voyage en plaisir qu*i] des demoii bouquets pi pas mieux cour d'amo

Nigra m( saurais diri ses plénipo un enthous jeunes gens Croates, je une très b médiocre d leurs canon dinaires et sèment, il i désagréable

Quoi qi:

mour, on qui parle (

Nous don variations s faubourg Si était rinven à Biarritz ( le chien Né conversatioi

vGooçle

lIRE

ians mon quartier, bourde-là.

it-Cloud et du nps qu'une sinjnes sur la pré-

ps en temps l'ime femme qui resis-Philippe. Elle a boyants, mais des rang-outang. Nous omet ! On suppose argent et des solrien que des fêtes, icoup.

[ues sur la mort

ne cruelle agonie, u moment où Ton t que de coutume* ice, et je crois que produit par Tan- >semblée. Sainte a ion. Je n ai jamais e que celle de ce en place, et était qu'enfin il tombât L-quatre heures, il ce du Juif errant.

vGooQle

On dit que les d[ sables.

Et voilà un lu Mérimée sava peuple athénien ridée de la mori santit pas sur lugubre par une

Hier, à onze hei tenu compagnie e précipitamment po En sortant dans !

« Comment, vous i Yert la fenêtre et mais je n'ai pas \ grand rassemblemi son chat, et j'hésitai a découvert qu'il n langer de la rue di

Dans une let page relative à ]

Les dames de Vi flattées que le sultî mais il n'en a je comme une demoii de ses amies de la ce qu'elles feraient livres de rente ; « coucher tendue en une calèche avec c

vGoosle

avec un diamant au milieu. — Et moi, dit la demoiselle de la rue de Bréda, si j'avais cent mille francs de rente, je coucherais seule. >

L'état de sa santé rinquiète sans cesse, et, sous les éclats les plus gais de son esprit, il n'est pas difficile de deviner la pensée qui le tourmente :

Le temps passe assez vite, sinon d'une manière amusante, et je m'endors assez souvent. Je m'en trouve assez bien jusqu'à présent. On m'en a rapporté des effets merveilleux, et je compte pousser l'expérience jusqu'au bout. Guy-Patin disait qu'en fait de découvertes médicales, il fallait se hâter de les prendre pendant qu'elles guérissaient.

" Je réduis autant que possible la lettre XXXVI, datée de Cannes :

!•' avril 1869.

Chère présidente.

Veuillez, je vous prie, ne pas chercher un autre secrétaire. Votre vieux serviteur n'est pas encore mort et serait désolé d'être remplacé auprès de vous. J'ai été fort malade le mois passé, et je ne suis pas encore parfaitement rétabli; pourtant je commence... Nous avons maintenant de l'eau, et bonne à boire et à cuire les légumes. Nous ayons un égout collecteur, qui a empesté la ville pendant trois mois et ne Ta pas du tout lavée. On nous a ^ fait un quai magnifique le long de la plage, mais la mer Fa emporté aussitôt qu'il a été terminé. Enfin, nous possédons, deux journaux dont les rédacteurs s'injurient dans le style le plus provençal, et qui, de temps en temps, quittent la plume pour.so.

vGooqI

donner des de grands p venir grand

Pour te qui croira légères ou je copie ce Prosper R bruits de 1 en a comp

Je suis bi< pas bien et j plus mal. Q velle, il seri nous avons ( bruit. On y 1 crie impuné plus triste, du pays exci espèrent se i cialistes.

Il est ai:

térêt de cei lité affecté»

ses restrici Peut-être i déceptions, ques lettre prits de no

vGoosIe

2tt LA BATAILLE LITTÉRAIBE

bornèrent à ooa^tater la décadenoe de leur pays alors qu'il avait le droit de oomjMer sur le oonoours 'ie toutes les clartés de leur intdligi^ioe et de leur génie pour se guidea*.

vGooQle

Page 1