MICHELET
Llnsecte. — 1875
Combien douce et aimable est la philosophie de Michelet.
Une nouvelle édition de VInsecte vient de paraître chez Hachette ; elle est illustrée de 150 gravures de Giacomelli, un dessinateur de grand talent. Il y a dans VInsecte tout un peuple de scarabées, de mouches, de fourmis, d'abeilles, de rares, coléoptères, de papillons et de fleurs. Il n'est pas jusqu'à l'araignée qui ne soit le sujet d'un charmant dessin. L'adjectif charmant, à propos d'une araignée, peut paraître exagéré; qu'on relise ce passage du livre de Michelet et l'on verra que la pauvre bête a bien aussi sa poésie.
Mes premiers rapports avec l'araignée ne furent rien
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Non hiiim grâce, elle descendit sur son fil et se posa réik>lument sur notre frontière respeclÎTe, le bord de ma casse, favorin/îc on ce moment d'un blond rayon de soleil pâle.
réUiln entre deux sentiments. J'avoue que je ne goûtais pan un(î Hociété si intime; la figure d'une telle amie me re^- VCfiail p(Mi; d'autre part, cet être prudent, observateur, qui c<îrtttincmcnt no prodiguait pas sa confiance, était venu là
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AMBERT (Le Général)
L'héroisme en soutane. — 1876
Le titre du livre que le général Ambert vient de faire paraître chez Dentu dit bien quel est son but et quelle vérité il veut démontrer. Les quelques lignes qui lui servent de préface l'expliquent suffisamment :
Après la dernière guerre et les événements qui l'ont suivie, l'auteur de ce livre a jeté un regard en arrière pour distini^uer dans la mêlée les vertus et les vices, les dévouements et les égoïsmes, les courages et les défaillances.
Le tableau était triste jusqu'à la désolation.
Cependant, au milieu des sombres nuages, une figure se montrait animée du patriotisme le plus,ardent et le plus pur.
Tout d'abord cette figure semblait efifacée.
Prenant peu à peu des reliefs accentués, elle a dominé ce qui l'entourait.
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les yeux il appelle raumônier qui vient lui parler de sa vraie patrie.
Il est bon, il est sain que de tels livres soient écrits par un soldat ; le clergé français ne serait ni aussi diffamé ni aussi persécuté par l'étranger si Ton ne sentait qu'il est avec Tarmée le dernier rempart de notre honneur national.
, Cela est si vrai qu'un historien allemand a dit, .dans un livre sur la guerre, que l'ennemi avait trouvé plus de patriotisme dans le clergé catholique que dans les classes diverses de la société.
Nous avons connu un jeune prêtre qui est mort à la peine. Elevé par une veuve pieuse et souffrante, il ne connut jamais les jeux riants de Tenfance. Le séminaire avait été pour lui une sorte de refuge. Il en sortit pour guider un petit troupeau, loin des villes, au miliei» des bois. Il y vivait en paix lorsque les bruits de guerre vinrent jusqu'à lui. Il partit et ne revint pas.
Mais il eut long et grand courage, nous dirons volontiers un saint courage. Son corps tremblait à la bataille, son regard se troublait, mais son âme dominait le corps ; il marchait dans la fournaise et allait aux blessés le front calme. Faible, il supportait les fatigues inouïes; timide, il soutenait les courages; mais il sentait à chaque pas qu'il marchait vers une mort prochaine. Parfois, il tombait accablé par le poids de sa croix, mais il se relevait pour faire quelques pas encore. Les soldats le considéraient comme Tenfant du régiment, ils l'aimaient tous, prêtaient l'oreille à sa voix, lui faisaient au bivac un nid dans la paille, lui versaient le vin de la gourde et le couvraient d'un grand manteau de
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guérite. Il mourut au milieu d'eux, après une marche pénible. Pour mourir il se coucha au pied d'un arbre.
Pauvre victime du devoir, qui tombait comme Bayard, et que Dieu avait créée pour la douce existence des lévites.
Voici un tableau peint de main de maître. Ceux qui ont fait la dernière campagne en constateront la vérité.
La nuit était venue et le froid se faisait vivement sentir. Le capitaine prussien inscrivait sur un papier le nombre de cadavres relevés et formant un monceau. Un homme enveloppé de son man'eau recevait les renseignements que lui fournissaient les frères. On entendait encore le bruit des pelles et des pioches qui brisaient la glace, et la marche pesante des frères porteurs de brancards. Ils déposaient leurs précieux fardeaux, essuyaient la sueur de leur front, qui ruisselait malgré le froid; ils sondaient la neige. D'un côté se trouvaient les Français morts, de l'autre les Prussiens morts. Entre ces cadavres des torches répandaient de fugitives lueurs rouges; des mots se croisaient en langue française et en langue allemande. Le capitaine prussien déclara que la dernière minute de Tarmistice allait sonner.
Trois coups de sifflet se firent entendre.
Le capitaine, qui tenait sa montre à la main, l'enfonça sous les revers de sa large capote et réunit ses hommes : les frères se placèrent en rang. D'un côté se voyaient les Allemands aux casques pointus, de l'autre les frères au sombre chapeau rabattu sur le front.
Le capitaine donna ses ordres et de grandes fosses furent creusées. D'un côté on déposa les Français, de l'autre les Allemands ; un frère prenait le numéro matricule de chaque Français avant de le descendre en terre. Parfois le capi-
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laine prussien s'approchait des Français et s'informait du chiffre qu'il notait avec soin.
Le vent de la nuit agitait la flamme des torches, souvent nous étions plongés dans une profonde obscurité, puis tout à coup des coins du tableau se trouvaient inondés de lumière. On parlait à haute voix et jamais sans nécessité. Le bruit des corps qui tombaient un à un dans la fosse retentissait à cause de la gelée. Deux frères descendus dans celte fosse replaçaient les têtes et les membres. Ces deux frères aussi bien que les autres étaient couverts de neige, de sang el de boue. Presque tous avaient les mains déchirées et les vêtements en lambeaux. L'an d'eux ayant trouvé sur un soldat mort le crucifix d'un chapelet, baisa le crucifix et le replaça sur la poitrine du mort.
Ce cruel service dura longtemps. Enfin les fosses furent remplies jusqu'aux bords ; on les recouvrit de terre el de neige, qu'il fallut fouler aux pieds.
Suit un trait d'héroïsme qui perdrait à être souligné :
Le 19 décembre 1870, le frère Nethelme, professeur à l'école de Saint-Nicolas, fut atteint par une balle prussienne. Après deux jours de souffrances, le frère mourut.
Le frère était à peine enseveli qu'un jeune homme se présenta au frère Philippe, le supérieur.
— Je viens, dit-il, du département de la Lozère, pour prendre la place de mon propre frère Nethelme qui a été tué.
— Avez-vous le consentement de votre famille? demanda le vieillard.
— Mon père et ma mère, répondit le jeune homme, m'ont embrassé et béni avant de me laisser partir. ..
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O.02 LA BATAILLE UTTERAIRE
C'est la chevalerie dans son héroïque grandeur, dans sa sublime simplicité.
Je passe des scènes sanglantes où le prêtre trouve toujours la première place; il en est de terribles où Tennemi, fusillant des enfants de quatorze ans, des vieillards de soixante ans, ne recule pas non plus devant le meurtre d'un pauvre curé de campagne. Bien qu'il n'y ait eu là que des soldats, on pense malgré soi aux assassins de la rue Haxo.
Voici encore un trait entre bien d'autres :
Des soldats allemands entrent dans un village et exigent six victimes à fusiller ; probablement comme représailles.
On tire au sort, et cependant ceux qui avaient fait feu sur les Prussiens n'appartenaient pas à la commune.
Les six malheureux que le sort avait désignés furent livrés à cinq heures du soir et enfermés dans la salle d'école, au rcz-dc-chaussée de la mairie.
L'officier prussien autorisa le curé à porter à ces hommes les consolations de la religion. Ils avaient les mains attachées derrière le dos. Une même corde leur liait les jambes.
Le prêtre trouva ces hommes dans un tel état de prostration quMls comprenaient à peine ses paroles. Deux d'entré eux semblaient évanouis, un autre était en proie au délire de la fièvro. A l'extrémité de la corde, la tête haute et le front calme en apparence, se trouvait un homme de quarante aus, veuf et père de cinq enfants en bas âge, dont il était l'unique soutien.
11 sembla d'abord écouter avec résignation les paroles du
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prêtre, mai abominabk Passant du enfants toi voulait qu( siens; sais petit Berna Tous les paix dans ( raent vers !
fumait dan sans Tinter tourbillons
— Monsi six otages d'eux n'a ti votre but i bien de fai lités. Peu v( ou Jean. J< plus Texer vous dema père de far petits enfai vous sera ]
— Soit, Quatre s
garrotté av
Heurei drame; j' Haxo; pî des Fran pour les
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eur de l'héroïsme du s ! Il est vrai qu'on ne aternité.
le touchante et admibien long en peu de
lent des Àrdennes, était [uatrc-yingts ans. Accusé rancais, et retardé celle té. Les Prussiens Tattae traînèrent ainsi sur les ées. Souvent le vieillard m, qui avait attaché une ;ette corde. Ses mains et ss membres meurtris, ses
dans un fossé de la
l martyre, Pabbé Cor re-
me et de sang, un de ses
Hat vous voilà!
ta vieille soutane!
5Sumé d'un livre dont îe, retracer que quelouvrage renferme de philosophique que le rmet pas d'embrasser ; e rapporter et à ceux
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que je n'ai pu citer, ils sont, le lecteur le verra, d'une entière authenticité.
Aux intéressés qui essaieraient de devoir douter, je me contenterai de citer le nom du général Ambert, en disant avec Pascal : « Je crois volontiers les histoires dont les témoins se font égorger. »
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m, était son préfère, e le son amour, le mariage, \ règlements de Tarmée, rmédiaire de ses chefs, e, dans le premier moplus tard sa réponse. — une danseuse était une vât que celte jeune per- ^pitaine, il avait fini par fusé cette autorisation.
X jeunes gens; elle fut n^ le jeune officier apprit la nuit et expulsée du
passées depuis cette î politique intérieure DJets du roi, la Révolis XVI était prison-
eût juré de le délie Stockholm le Ça ira Illuminés, les tueurs triner la populace, la diète de Gefle. On ennemis irrités de ce
acharnés contre lui.
rentrée à Stockholm, mars 1792.
'ois conjurés, pressés par
et arrêtèrent définitive-
Le lieu devait être le bal
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du 16 mar selon les c Restait i Ribbing honneur. J et qui lui { dans le sai Pour s'acc sort.
Leurs ti était sur la Le plus jei] dans le vas stroëm.
Par la fa
qui le déte!
Anckarst
cas, s'ils et
puis il anni
la cervelle
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doute. — (
milieu de to
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— Il habit Stockholm en voiture ( Gustave
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ÎTTRR ATITRF
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alors fort âgé. Scribe venait de terminer avec Auber son opéra dé Gustave ou le Bal masqué. Inquiet sur certains points de la mise en scène, il alla, dit la légende, trouver le comte Ribbing, qui était devenu un bon bourgeois de Paris, et le pria d'assister à sa répétition générale à l'Opéra. Celui-ci s'y rendit et suivit la pièce avec beaucoup d'attention.
— Eh bien? lui demanda Scribe, que dites-vous de cela ?
— C'est très bien, très bien, fit le comte, assez moUemen t.
— Mais vous ne paraissez pas complètement satisfait?
— C'est vrai, ajouta le comte, c'est que vous vous êtes trompé, la chose ne s'est pas absolument passée comme cela, d'autant que je puis m'en souvenir.
— Qu'y avait-il de plus? demanda Scribe anxieux.
— Il me semble que nous avons assassiné un peu plus sur la gauche ! fit le comte avec une grande simplicité.
Scribe le remercia vivement et profita de l'avis.
Si l'historiette est vraie, je ne l'affirme pas, mais il faut avouer que rien que l'idée de faire régler historiquement le ballet de Gustave par un de ses meurtriers, était déjà une invention assez gaie.
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