C. DE MALARTIG
De Rome, quatre mois plus tard, le 8 juillet :
Je m'en voudrais de quitter Rome, mon cher Deschamps, sans vous adresser quelques lignes de souvenir ; nous avions déjà éprouvé ensemble toute la magie de ce beau pays et je voudrais vous associer de nouveau aux impressions que j'y ai retrouvées. Il y a dans ces vieux monuments de Rome, dans ces contrastes de ruines et d'édifices modernes, dans ces admirables campagnes, un charme qui ne s'use pays. Voua pense/, que je me suis empressé de revoir tous les lieux que nous avions visités ensemble. Saint-Pierre, le Forum, et puis ce qui, en ma qualité de paysagiste, m'attache par-dessus tout, cette belle campagne de Rome où je vais tous les jours retremper mes crayons à la source du beau, ce Soracte, ces montagnes de Tivoli et d'Albano,
ces longues lignes d'acqued tiques el ces vieilles tours qui s'élèvent de place en place an milieu de ce» plaines nues et ravinées, tout cela porte avec soi un caractère si profondément mélancolique et si grand qu'il n'est pas possible que lame reste insensible à un pareil spectacle.
Tout à vous.