Revue des Deux Mondes, janvier
3. La môme année, Brizeux donne à la Bévue son article sur Venise et Barbier publie H Pianto.
ANTONl DESCHAMPS. 229
compagnon qu'on aime à la parcourir. II est de ces lieux qu'on ne peu! voir qu'en poète et en peintre. Le souvenir me ramène souvent vers un temps que nous avons passé ensemble si heureux dans ce beau pays, et alors il m'est pénible de penser que je vais revoir seul des lieux qui avaient été pour tous deux si riches en impressions. Je vous en écrirai, du moins, car vous savez que s'il est quelqu'un avec qui j'aime à causer du beau, du pittoresque, de Rome, de N'aples, car c'est là tout dire, c'est avec vous. En attendant, je suis encore à N'ice pour quelque temps et je ne m'acheminerai vers le midi de l'Italie au plus tôt que dans six semaines. J'espère, d'ici-là, avoir de vos nouvelles. Je voudrais vous voir plus content de votre santé et moins attristé de votre état. Ne craignez-vous pas qu'en donnant de nouveau carrière à votre imagination, une trop grande tension d'esprit ne soit plus nuisible qu'utile au rétablissement de votre santé? Faites des vers puisque cela vous distrait: mais, en vous fatiguant, ne différez pas un rétablissement si impatiemment attendu par vos amis.
Adieu, mon cher Antoni, recevez de nouveau mes remerciements et l'expression d'une vieille et entière amitié.
Tout à vous,