‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 12 sur 146 · septembre · texte numérisé non relu

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lutte romantique lui paraît ardente en Italie, en France c'est à peu près le néant. Ni grandes œuvres, ni publie. La politique a tout envahi : ■ Supposons qu'un Voltaire naisse à Paris; au lieu de publier la tragédie cYŒdipe et d'attaquer M. de la Mothe, il cherchera à connaître M. Benjamin Constant et, ensuite, écrira dans le Conservateur ou dans la Minerve. Un bon livre publié à Milan ferait événement. A Paris, il serait étouffé par un pamphlet sur la conspiration de Lyon, de l'invention du général Cannel '. »

Parfois, cependant, Beyle cesse de se plaindre. Il éprouve le besoin d'ériger ses boutades en corps de doctrine; et il s'interroge. S'il lui a plu de se proclamer romantique, presque contre ses goûts. c'est d'abord, nous l'avons vu, par un certain amour de la nouveauté, par haine du convenu. S<ia romantique donc, ce que l'on goûte directement, ce qui est adapté aux mœurs actuelles, ce qui a été fait à notre intention, à notre mesure, non pas à la mesure de nos ancêtres. En termes généraux : la littérature est r expression de la société. C'esl un premier principe, fondamental. Stendhal ne l'a pas découvert : il a pu l'emprunter à Bonald2, à moins qu'il préfère le devoir à Barante 3 ; de toute façon, il s'y tient avec fermeté. Il peut ainsi, sans rien sacrifier de ses admirations pour les écrivains de jadis, condamner la foule des imitateurs. Seule, la sculpture lui paraît échapper à cette loi : une

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