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Les Chevalières du Tour de France, roman

LA BATAILLE KO.MANTH.iLE. 19

Merci pour elles et pour moi, cher ami : vmis m'avez porté

lionlieur.

Les journaux ont annoncé votre nomination connue pré- Btdenl de la commission des théâtres de Versailles. Toutes les fois qu'il s'sgil d'an e| de belle et lionne littérature, le fauteuil de la présidence vous appartient de droit, partout .'t toujours. A l'Qpéra, <m applaudi) Pon JuQn qui eal a vous et a Mozart j'oubliais ce poer Blaze de Bury), donc un trio de poètes- Gea bonnes choses-là nie consolent un peu de la décadence de mon temps.

Donnez-nous un volume de vers. Juiiierut m'assurait

l'antre jour que vmis aviez, un tiroir plein de joyaux poétique*. Voyons, C'esj le moment des cadeaux; donnez nous

nOS 'tiennes. J'ai ici un frère arrivé du midi i|iii est votre admirateur. Nous parlons de vous et je suis toujours de son

avis quand il me vante votre bienveillance et votre esprit.

René est lier de votre lion souvenir, .le vous prie d'agréer

ses remerciements an quatre langues, car, attaché à la commission impériale de l'exposition, il est obligé de faire comme César....

Ce iil^ est le suprême orgueil <lu poète. « Ce diable «le René, dil-il encore, se mêle d'être une intelligence ei presque un savant. Mais ne le boudons pas, nous qui aimons la poésie ; il a le sentiment (lc< ails et se passionnerait pour eux, s'il n'avait sa fortune à faire.... » En 1969, le jeune homme contractait une maladie très grave, pendant un voyage en Amérique', et revenait mourir auprès de son père. La même année, Emile Deschamps était frappé à son tour et perdait son frère Antoni '. La dernière

i. Depuis plus de vingt ans, Antoni. tout à SOI) incurable

mélancolie, avait à peu près renoncé ù écrire. Il continuait pourtant ù s'intéresser aux lettres et à suivre les efforts des débutants, voir ci-dessus p. 240. — La mort vint le 28 octobre 1869. D'une lettre de Saint-Hené Taillandier (1 ' nov.) : « Le pauvre

lettre que je connaisse de .1. de Saint-Félix traduit leur commune douleur. Paris, ,'U octobre 1869 :

Cher Emile, excellent ami, mon chagrin est profond, je vous assure. Je partage votre douleur de frère et, comme tous ceux qui ont connu le bon Antoni, je le pleure bien sincèrement. Il aura place dans mes Souvenirs!] je ne

ménagerai pas la vérité sur son compte; il y a tant de bien à dire de lui !

Je vous remercie, nous vous remercions, ma femme et moi, des touchantes sympathies que vous nous avez exprimées dans une occasion bien douloureuse aussi. Nous ne pouvons nous consoler... mais nous portons notre douleur avec plus de courage, grâce aux témoignages d'affection venant d'amis comme vous.

Merci dune et courage à votre tour, vous dirai-je. Vous êtes de ceux qui consolent et dont on a besoin pour s'attacher encore à ce monde. Mille et mille assurances d'affection, de dévouement et d'admiration....

Dans ses Souvenirs de l'école romantique, E. Fournier fait mourir J. de Saint-Félix en 1869. Son existence pourtant se prolongea cinq ans encore. Cinq

Antoni nous a donc quittes! C'est un grand virïe dans bien

des cœurs, dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu. Quel artiste! Quelle flamme! Je l'ai souvent rencontré dans ces dernières années, seul, rêveur, aux Ohamps-KIvsées. autour des baraques de Bambochinet, regardant les enfants, les

écoutant rire et jouissant de leur joie. On connaît la

réponse d'Aligbieri : « Que cherches-tu dans ce cimetière?

La paix. ■ antoni cherchait la paix au milieu des âmes innocentes. El ce doux enfant au front sillonné de rides, si on

allait à lui. on était émerveillé de sa verve, de son ardeur,

de -a sympathie toujours prête pour le- choses les plus nobles. Quelle préoccupation des questions religieuses! Quelle

in de l'art et de la liberté! Kl tout cela s'est éteint? Non. non. tout cela revit dan- un autre monde et en de- conditions meilleures.... » (Lettre inédite.)

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