‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 130 sur 146 · Le Censeur, 28 mai et (J novembre · texte numérisé non relu

Le Censeur, 28 mai et (J novembre

ED(iAI! ni INT.T F.T F. BULOl. 29!i

de V Allemagne1.. » « » Cette brochure, il la destine ,1 la Revue des Dcu.r-Mondes. Dans le courant de l'année, elle a déjà publié quelques articles de lui; mais celui-ci est d'une autre importance, et d'un Intérêt plUî) actuel.

A Buloz, de Strasbourg, le 2 novembre 1831 :

je rentre en France et je viens du coté de M. de Lamartine. Je ne vous oublierai pas auprès de lui, soyez sûr.... Voici mon article de philosophie. Faites-moi l'énorme service de m'en faire tirer une quinzaine d'exemplaires a mes trais. Imprimez le fragment politique sur l'Allemagne; j'écris encore à Pitois de me le publier de nouveau séparément avec une suite que je vais envoyer, mais qu'il n'a pas besoin d'attendre. Il faudrait, si vous avez d'abord le manuscrit, le lui rendre aussitôt qu'il sera composé ou lui donner l'épreuve, — car je tiens surtout à paraître le plus loi possible. J'ai encore sur le cœur toute l'humiliation de la France que j'ai traînée avec moi à l'étranger.

Adieu, votre ami,

Edg. oriNET.

Écrivez-moi à cette adresse : Edgar Quinet, à Charolles,

Saône-et- Loire.

On comprend cette impatience. L'amour-propre de l'écrivain n'y est pour rien. Ce fragment politique est le fameux morceau sur t Allemagne el la Révolution, étude prophétique, — dont les prophéties doivent se réaliser-. Au delà du Rhin, Ouinet a vu se former des orages que personne encore ne prévoit. Les Français de 1830 ont continué à se représenter l'Allemagne telle que la définissait

I. Je cite les lettres à Michèle! d'après le livre de Mme Michelet (Cinquante ans d'amitié), les lettres a BS iihmv d'après le tome 11, de la Correspondance. Les lettres à Butoi SOfll inédite-.

•'. Publié dan- le tome Vl des CBavrei complète*.

Mme <le Staël : « un paya d'extase, un rêve continuel, un enivrement de théorie.... Point de centre nulle part, point dé lien, point «le désir, point d'esprit public, point de forée nationale. » On parle avec attendrissement de ses vérins familiales.... Or cette Allemagne rêveuse et hospitalière, c'est l'Allemagne du passé. Sous l'action du despotisme prussien, il sVn r^t créé une autre, — à qui le son-.' ne sut'lil pas. « j u i veut vivre et agir.

« L'unité, voilà la pensée profonde, eontinue, nécessaire, qui la travaille et la pénètre en tout gens. » Longtemps inconsciente, le vainqueur d'Iéna et de Wagram l'a réveillée de son sommeil. De ce réveil, quelle sera la première victime? Ouinet m- s'y trompe pas : « A mesure que le système germanique se reconstitue chez lui, il exerce une attraction puissante sur les population^ «le môme langue et de môme origine qui avaient été détachées par la force. Sachons que la plaie du traité de Westphalie et la cession des provinces d'Alsace et de Lorraine saignent encore au cœur de l'Allemagne.... Chez un peuple qui rumine si longtemps ses souvenirs, on trouve cette blessure au fond de tous les projets et de toutes les rancunes.... » Entre les deux civilisations, ces provinces du Rhin ont toujours été l'enjeu de la lutte; déjà, malgré elles, « elles retombent sous l'attraction du monde germanique qui n'attend plus qu'une occasion... ». Et tandis que les dangers s'accumulent et que grondent les menaces, la France veut tout ignorer; « de sa propre main, elle reconstruit tout l'édifice de l'empire germanique » ; elle sacrifie ce qui faisait sa grandeur; elle renie

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