K. Barat, oavr. cité, p
2. K.-J. Delécluze, Souvenirs de soixante années. — Sur ce Cénacle, voir ci-dessous : Le théâtre historique et le romantisme.
24 LA liATAILLK ROMANTIQUE.
soirées de l'Arsenal que le Globe, organe des Doc
trinaire-, es! loin de la Musc française*.
Il en est de nirinc dans le camp adverse. Quelle quesoil leur défiance à l'égard de Chateaubriand)
les journaux libéraux ne peuvent être anti-roinan-
tiquei sans résarves^ Us ae songent pas à con- (laïuner la littérature à l'immobilité, à la maintenir dam le réseau «le ses traditions. Une déclaration du l.'i octobre ls-21 marque les tendances du Miroir <IK. .lonv2: <■ Nous pensons très sincèrement que Corneille, Racine el Voltaire ont porté la tragédie régulière ■•tu plus liaul point «le perfection qu'elle puisse atteindre, que .Molière a tout à là fois créé et fixé l'art de la comédie.... Faut-il en conclure, connue les eunuques des Débuts, que tOUS les auteur- dramatiques nés et à naître ne doivent jamais, dans la même carrière, s'écarter d'un pas de la route que leurs illustres prédécesseurs ont si profondément sillonnée? Nous sommes loin de le
1. G. Brandea [PJfcole romantique en France, trad. Topin, p. 47) ,-i relevé dan- le Olobe les diverses définitions du romantisme. 'l'ouirs dérivent de celle de Stendhal, Pour Thiprs, le mot d'ordre doil être Nature et Vérité- Pour Puvergier de Hauranne, li' romantisme c'est, pour la diversité des génies, Vindépendance. Peur ampère, c'esl l'originalité opposée à l'imitation. Pour un rédacteur anonyme (Sismondi?) c'est V image fidèle de la civilisation moderne, et c'est, en conséquence, te spiritualisme dans la littérature. Pour Vitet, enfin, c'est te protestantisme dans les lettres el dans les arts. — •> 11 n'y a. ajoute G. Brandes, qu'une différence à peine sensible entre toute- ces définitions et celle de Hugo: te romantisme, c'est le libéralisme en littérature.... » Soit; mais il ne faut pas oublier que Hugo a écrit cette phrase dans la préface i'Hemani. En 1830, la distribution des partis n'est plus du tout ce qu'elle était en 1824.
2. Le Miroir l'onde le la février IS21 (Jouy, Arnault. ftosse, Dupaty. Gauchois-Leinaire. etc.), continué par la Pandore n partir du 1G juillet 1823.
croire, et, tout en blâmant les écarts de ce pégase étranger qui caracole au hasard, sans guide et sans but. nous continuerons cependant à inviter nos auteurs à prendre de temps en temps conseil de leur propre génie... et à essayer quelquefois, sans perdre de vue les traces des maîtres, de trouver, ou même de se frayer un sentier parallèle à la route que ceux-ci ont fermée derrière eux x.... » Ce programme e-l un peu vague sans doute, et trop prudent, mais il dénote une certaine liberté d'esprit. S'il s'exprime assez légèrement sur le compte de Lamartine et de Hugo 8, le Miroir n'est pourtant pas hostile à toute nouveauté. Il parle de Byron et de W. Scott avec l'enthousiasme qui convient3. Il accueille avec sympathie le Schiller de Barante, la collection des Théâtres étrangers, toutes les grandes entreprises de Ladvocat, éditeur officiel de la nouvelle école. Jusqu'en 1823, le ton n'est vraiment agressif que lorsqu'il est question de la société des
1. Voir l'article du 17 sept. I S22 sur la brochure, très impartiale, du libraire Audin : Essai sur le Romantique. A rapprocher aussi, l'introduction de Tissol au premier volume du jfereure du XIX" siècle.
2. Sur Hugo, article du 15 septembre IS22. Sur Lamartine, 27 décembre 1822 : « Cette nouvelle édition des œuvres d'un versificateur élégant qu'on a voulu trop tôt faire passer pour un grand poète... ».
:{. On répète couramment, sur la foi de Stendhal, que le Miroir, comme le Constitutionnel, excita les jeunes libéraux contre les comédiens anglais venus à Paris en juillet IN22 (Biré, Victor Hugo avant is:;o. p. 436). Ceci encore est loui à fait faux; avanl la malheureuse bagarre du 3) juillet, le Miroir n'a pas dil un mol qui ne lût sympathique à cel essai* Le compte rendu du 2 aoùi s'efforce d'èiie très impartial. Cette manifestation*, d'ailleurs, n'a pas été le moins du monde une manifestation littéraire. - Chassée de la Porte-Saint-Martin, la troupe
Bonshommes de lettres ' ou des romans du vicomte d'Arlineourt, le premier en date et en dignité des Romantiques-ridicules: Il est vrai que -louy a le tort de s'exagérer l'importance de certaines excentricités et <!•' ne pas distinguer très nettement l'auteur de llan d'Islande de l'auteur du Solitaire.... Mais d'autres s'y tromperont, que Ton ne peut accuser de parti pris ni d'hostilité. Voici, dès les premières pages d'une Apologie de l'Ecole romantique, écrite en 1N-Jï par Paulin Taris, quelques observations de haut goût : « De quel droit (nos ennemis) accusent-ils la muse moderne et nous ordonnent-ils de renoncer à toute tentative de création originale, parce que M. Hugo a, la plupart du temps, été mal servi par son imagination?... L'on n'avait pas môme attendu la décision de l'Académie pour bailler sur Ylpsiboë et sur bon nombre des poésies de MM. Hugo. Lamartine, Guiraud ou Ancelot; l'esprit de contradiction ne nous déterminera pas aujourd'hui à les admirer, depuis que les classiques les dénigrent; abandonnons leur ce terrain, sacrifions à leur rage ces enfants perdus de l'école romantique, et défendons-nous avec de meilleures armes
de l'enlev donna des représentations, par souscription, sur le petit théâtre de la rue Chantereine.
1. La Société des Bonnes Lettres, créée en janvier 1821, est, en même temps qu'une société littéraire, un groupement nionarchiste. De là, certaines rencontres qui pourraient étonner. Dans la liste des sociétaires abonnes, .Nodier, Abel et Victor Hugo, figurent auprès de Dussault, d'Auger, de Duviquet, de Péletz... (voir Biré, Victor Hugo avant 1830, p. 237).