‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 18 sur 146 · Apologie de l'École romantique, Paris, Dentu 1824, in · texte numérisé non relu

Apologie de l'École romantique, Paris, Dentu 1824, in

Jusqu'à quel point, d'ailleurs, les maîtres du romantisme poétique ont-ils eu conscience de leur action? « L'homme "n'a rien de plus inconnu autour de lui que l'homme môme.... Toutes les fois qu'il dit : je suis ici, je vais là, j'avance, je recule, je m'arrête, il se trouve qu'il s'est trompé... » : ce sont les premiers mots du grand morceau de Lamartine sur les Destinées de la Poésie; on pourrait y voir un aveu. Dans sa préface de 1849, il se vantera d'avoir, avant tous les autres, « fait descendre la poésie du Parnasse et donné à ce qu'on nommait la muse, au lieu d'une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du cœur de l'homme ». Et ceci est très juste, sans doute, mais lui-même a mis quelque temps à s'en apercevoir. Le succès des Méditations a été une révélation pour le public, — et pour le poète. En les écrivant, il songeait à lui seul et à quelques amis, et il ne soupçonnait pas que leur mérite précisément pût être là. « A supposer qu'on trouve quelque chose dans une dizaine de ces Méditations, on ne pourrait y trouver qu'un talent de versification plus ou moins apprécié. » écrit-il en 1819'. En revanche, il estime que le 5e acte de son Saûl « ne ressemble qu'à du Shakespeare '-... ». La lutte engagée, il restera dans une réserve dédaigneuse : « Je reçois quelquefois cette Muse française qui vous amuse tant : elle est en vérité fort amusante. C'est le

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