‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 26 sur 146 · Les Deux Écoles, p. lo · texte numérisé non relu

Les Deux Écoles, p. lo

les fictions romanesques1. « Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux, c'est-à-dire hors celui qui ne se vend pas » : voilà le principe fondamental de son esthétique 2.

Il y a du vrai dans tout cela, et des allusions assez claires. On connaît la polémique de Victor Hugo et des éditeurs de Han d' Islande en 1823, et les clauses du traité qui permet de multiplier à l'infini les éditions fictives'. Quant aux collections dont on ne verra jamais la fin, la France Romantique, annoncer dans le Journal de la Librairie, du 26 avril 1823, promet autant de volumes « qu'il y a eu de têtes couronnées en France ». Mais quelques observations de détail ne suffisent pas pour faire une comédie, ni surtout pour préciser le débat. C'est de quoi Bayard, Ader ou Léonard se soucient fort peu. Il leur suffit de chercher dans le répertoire ancien quelques types et quelques situations traditionnelles et de dérouler en vers d'épîtres les lieux communs chers à Boileau. Leur effort d'imagination ne va pas plus loin.

Les jeunes folles que met en scène Théaulon s'expriment à la façon de Madelon et de Cathos, et l'auteur est persuadé que c'est là « parler romantique ». Il croit de bonne foi que les romantiques seuls ont introduit dans la poésie le fatras des comparaisons vides de sens, des périphrases pompeuses; qu'ils en ont chassé la belle simplicité, le naturel de l'école impériale; que, s'ils bataillent avec acharnement, c'est pour avoir le droit d'écrire : les torrents

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