‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 28 sur 146 · Cité par Biré, p · texte numérisé non relu

Cité par Biré, p

3. Le Classique et le Romantique, dialogue, Paris, Urbain ('.anol. octobre 1825 (2* é'dit en décembre); Encore un mot, seconde

trop longtemps, à son gré. il faut que son intervention ne passe p;is inaperçue; il a des raisons personnelles d'en vouloir aux jeunes poêles dont il fut l'ami tout d'abord, el la rupture doil être éclatante.

Du reste, la mesure u'esl pas sou l'ait; il est épique

et virulent; il appelle les coups, qui ne viennenl pas :

Que l'aristarque frappe el d'estoc el de taille: .l'y consens el d'ailleurs j'aime assez la bataille. \ maint sol d'autrefois j'avais mte le bâillon; M;u> des Bota de dos jours voilà qu'un bataillon Contre moi de nouveau B'organise el s'élance : Qu'ils vimt un- payer cher mes cinq ans de silence! Les traits de mon carquois ne Boni pas tous sortis....

Il s'admire dans cette altitude de Jupiter outragé et foudroyant. Les alexandrins s'aligneni en bataille, l'ironie vienl ;'i l'aide <lr l'indignation^ les métaphores classiques s'avancent en rangs pree Il est question du fouet ei des vergesde la satire, de

satire, Paris, Dupont] décembre IS2">. Cette année IS2.'i ;i été moins vive comme polémique. Les seuls ouvrages importants, avec les Classiques vengés de Latoucbe, sonl la préface du Siège de Damas de Viennet, toujours intraitable, el un Essai sur la Littérature romantique, refonte d'un mémoire des Jeux Floraux de 1826, très modéré d'ailleurs el qui traite la question au point de vue historique. un peul citer encore : Êpttre sur le Romantisme, par G. Maillard. Paris Egron (avril); Essai sur les nouvelles Théories littéraires, à la suite des Élégies rhémoises de Gyprien Anot, Paris, Amyot (mai); le Temple du Romantisme, en prose et envers, par II. Morel, l'aris, Lecointe ; De la poésie en France mi Réponse au Factum anglais inséré dans le I" n" de la lievue Britannique, par M. J.-15.-L., Paris, Dentu (septembre); V Académie, le Romantique et la Charte, satires, l'aris, Moogie; le Parnasse moderne, satire (octobre); Lettre à une Académie de province sur V École romantique en France, par J. Bard de la Cote-d'Or; Des Maladies de la Littérature française : consultation sur son état actuel par un docteur (décembre).

la nuise au front .serein, de Phébus, de Pégase, du Parnasse et de fa Charte des bons vers que Boileau rédigea de sa main. La parodie prend cette majesté solennelle qui convient au traducteur d'Ossian et des notes copieuses précisent les allusions. De ces noies, une page est à retenir: « Il paraît qu'André Chénier... avait résolu de créer une langue nouvelle, énigmatique comme celle des prêtres de Memphis et auprès de laquelle la langue parlée en France ne devait plus être qu'un misérable jargon. Les œuvres posthumes de ce jeune et malheureux écrivain ont fécondé la verve de nos romantiques. ( l'est là qu'ils ont trouvé le germe de leurs compositions nébuleuses; mais ils ont encore renchéri sur le néologisme et l'obscurité de leur patron.... »

Baour-Lormian s'exagérait l'importance de ses révélations et de ses invectives. Ses satires furent accueillies avec indifférence*. Les chefs de l'école nouvelle avaient toutes les raisons d'ailleurs de supporter sans aigreur ces attaques : l'année 1825 leur a apporté assez de satisfactions. Décoré en avril avec Lamartine, invité au sacre, Victor Hugo sent que l'avenir est à lui : « Savez-vous, mon bon Soulié, écrit-il le 27 avril, que les grâces royales pleuvent sur moi? » Malgré le regret que lui inspire l'absence de sa femme, toutes ses lettres de cette

1. Labouisse-Rocheforl cîte ce mot d'un jeune poète : <• Passez bonhomme qui quêtez le ridicule; on vous a déjà donne ». (Trente ans de ma vie, I. VIII. p. 555.) Dans le Mercure du XIX* s. : •■ Le jour des épouvantements romantiques va se lever! Racine, que personne n'attaque, a trouvé un vengeur.... Ce malheureux Chénier n'étail pas de l'école de M. Baour : on se souvient qu'en allant mourir, il se frappait le iront en disant : « Pourtant, j'avais quelque chose là! • (T. XI, p. .'>2.)

époque sont pleines de joie. Le sacre esl « une cérémonie enivrante ' ». Ravi de son ode triomphale, Charles Xa accueilli le poêle avec bienveillance. a conféré à son père le titre de lieutenant général,

el ;i l'ait imprimer l 'œuvre par l'imprimerie rmale. Les journaux « sont bien pour lui «; les libraires

le paient largement el Ladvocat COUrt après

ses « odes futures - ». Qu'importent quelques cris discordants, accompagnement nécessaire du

tri plie?...

Ce n'est pas que la bataille soit gagnée. Les polémiques renaîtront au contraire, et plus violente-, après chacune «les grandes œuvres. Mais L'école nouvelle e pris conscience d'elle-même, de aspirations et <le sa force. Ses diverses fractions tendent à se rapprocher. Quelques libéraux classiques sont même passés à l'ennemi; en octobre 1825, le Mercure <lu XIXe siècle se rallie de la façon la plus nette'. Le Globe, il est vrai, résiste plus longtemps. Le \ novembre 1826, en rendant justice à certaines qualités du poète des Odes, il proteste encore contre « son dédain sauvage de la langue, ce goût des images incohérentes, cette rudesse du rythme... ». Mais il publiera, le 2 et le 9 janvier 1827, les deux articles fameux de Sainle-

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