‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 3 sur 146 · Journal de la Librairie du lo décembre · texte numérisé non relu

Journal de la Librairie du lo décembre

Pendant son exil cl son silence, ses disciples ont inventé eu tait valoir la fameuse distinction de la littérature en classique et eu romantique.... ■ i Dussault. 18 juin 1814.)

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Le manifeste de Sismondi n'était pas l'ail («'pendant pour soulever de bien vives colères. En publiant ces leçons professées à (lenève devant un auditoire « de la première jeunesse ' », il n'avait pas eu l'intention de tracer des voies nouvelles à la poésie. Il estime d'ailleurs que le temps est passé, où l'on pouvait créer véritablement, que « l'esprit d'analyse refroidit l'imagination et le coeur el ne laisse plus d'essor au génie », el que l'on doit se contenter désormais de juger el de connaître.

Il ne songe pas davantage à humilier la littérature classique devant la littérature romantique, ni môme à marquer nettement leur antagonisme. La façon dont il définit les termes semble devoir écarter les polémiques brûlantes : par un étrange abus de mots, les peuples du Nord ont pu, sons le nom de romantisme, défendre leur propre cause; mais il se refuse à les suivre sur ce terrain. « Les premiers nés de l'Europe pour la poésie romantique », ce ne sont pas les trouvères du nord de la France, avec leurs romans chevaleresques; moins encore les poètes de race teutonique : ce sont les troubadours provençaux. Artilicielles et. travaillées, les canzone italiennes donnent le type primitif du lyrisme romantique, et il les oppose aux odes classiques, œuvres d'inspiration passionnée. « Les poètes modernes, au lieu de suivre l'inspiration rapide et passionnée du sentiment, se retournèrent davantage sur la môme pensée.... Ils donnèrent davantage à la réflexion qui se replie sur ellemême, à l'esprit qui analyse tout, à l'imagination

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