‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 4 sur 146 · Premier avertissement · texte numérisé non relu

Premier avertissement

(jui met tout sous les yeux; mais ils perdirent l'enthousiasme. La traduction d'une canzona de Pétrarque ne pourrait jamais être confondue avec la traduction d'une ode d'Horace '.... » La question étant ainsi posée, il faut bien reconnaître que la poésie nationale avait besoin de trouver dans l'antiquité renaissante une nourriture plus riche et substantielle. Sismondi n'hésite pas à l'avouer -; chez Pétrarque et Boccace, il aime surtout les humanistes.... Et c'est rendre un bel hommage à l'esprit classique.

L'œuvre, en somme, était une œuvre de bonne volonté, mais de caractère indécis. Pourtant, à défaut de théories aventureuses, elle apportait des exemples : là était le danger. Le domaine de la poésie, d'abord, était singulièrement élargi. Malgré ses lacunes et ses insuffisances, le tableau paraissait encore d'une admirable richesse. A côté de l'Italie, vénérable toujours aux fervents de la beauté antique, c'était tout le moyen âge espagnol, éclatant et tumultueux :i. Des analyses développées avec complaisance présentaient à l'admiration des objets contraires à ceux qu'il était traditionnel d'admirer et l'on pouvait se demander si le goût, vraiment, suffisait pour juger de toutes choses. Indiquer le caractère d'œuvres de ce genre, n'étaitce pas, quelques réserves que l'on pût faire, défendre les droits de l'imagination ou de la sensibilité rêveuse en face de la froide raison? N'était-ce pas conduire les lecteurs à cette conclusion que des

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