Deschamps, art. de la Muse, septembre
vant. Pour des esprits amoureux du moyen âge, Clémence Isaure est une figure plus séduisante que le grand cardinal. Ses fêtes sont les fêtes du printemps, de la jeunesse, de la poésie éternelle. Ce n'est pas quelle ait grande sympathie pour les audacieux ; mais ici, les nouveaux venus menacent moins de situations acquises. Son office n'est pas de maintenir, avec une rigueur hargneuse, les règles du goût. Elle peut, sans trop de scrupules, sacrifier aux grâces, être indulgente à certains défauts, qui sont des « défauts charmants1 ». L'essentiel est de ne pas adhérer sans réserves, et de sauver les principes.
Dans son discours du 23 août 1816, J. de Rességuier, élu mainteneur, a tenu à rendre hommage au restaurateur de la poésie chrétienne : « Qu'un autre disserte gravement sur des fautes légères; qu'il cherche des taches dans des tableaux brillants et blâme avec raison des expressions ambitieuses et des comparaisons recherchées; moi, je m'abandonne à l'intérêt pieux que fait naître Atala.... ». Il ne voudrait pas cependant que l'on pût abuser de ses paroles : « Je ne me livre pas sans réserve à mon admiration... et je n'établirai jamais qu'un principe soit bon, parce qu'on en trouve une application heureuse. Hommage à l'illustre voyageur de Jérusalem, mais guerre à ses imitateurs infidèles et aux novateurs dans l'art d'écrire qui augmentent la langue sans l'enrichir. Opposer des mots à des mots, surcharger d'images une création bizarre est moins l'ouvrage du génie que le travail d'un esprit