Première partie, onzième lèçoû
Midi. Leurs jeus de mois el leurs concetti ne sont point l'objet dé sa censure; il déleste le maniéré qui naît de l'esprit de société, niais celui qui vient du luxe de l'imagination lui plaît en poésie comme la profusion des couleurs et des parfums dans la nature. > Kl elle s'étonne — ingénument — qu'il puisse admirer tout ensemble la profondeur sombre de Shakespeare et l'éclat rayonnant de Calderon l. Il admirerait bien autre chose encore : tous les contrastes, toutes les violences de forme et de pensée, toutes les couleurs, sauf les couleurs grises du classicisme français. Cette régularité harmonieuse. celle sobriété, ce goût de l'abstrait et du général lui paraissent la négation de la vie. 11 raille cet amour de la règle, ce théâtre « soumis à l'étiquette d'une antichambre », incapable de se presser jamais, ou de s'attarder en des effusions lyriques, celle négligence des mœurs, ce respect des bienséances sociales, cette pauvreté d'imagination2.... Et à mesure qu'il énumère les exemples, il semble que l'impatience s'accroisse. Juste à demi sur la tragédie française, son jugement sur Molière est d'une incompréhension absolue.
Mme Necker de Saussure, en traduisant le Cours de littérature dramatique, jugea quelques réserves nécessaires. Loin de prendre à son compte toutes les observations de Schlegel, ou de prétendre imposer ses goûts, elle demandait simplement qu'on « écoutât avec impartialité ». Elle se refusait à admettre que notre théâtre fût un art d'imitation,