Globe, articles (tu 20 janvier et du 2 février
2. Ceci, liemusat ne peu! s'empêcher de le regretter. 11 ne Voudrait pas que Gromwetl Bemblàl la condamnation dn système dramatique qui lui est cher. A l'autorité de V. Hugo, il oppose celle de Gœthe : •• Pour èire moins belle el moins nombreuse, la prose a'esl pas dépourvue de charme el de noblesse.
de Brrlirhimjrn a son genre de grandeur e| d'idéal el Qœthe s'y montre plus poôto, a mon -eus. que dans le Tasse ou Vlphigénic La prose peut ne rien ôter à l'intérêt, au pathétique même.... » (2 lévrier.) -~ Sur ce point particulier, voir F. Baldensperger, Gœthe en France et Bibliographie critique de Gœthe en France.
ment qui rallonge que de Pin version qui l'embrouille »: ne détournant pas l'attention à son profit, et, « lorsqu'il lui advient d'être beau, n'étant beau, en quelque sorte, qui' par hasard, malgré lui et siiiis le savoir1 ». Ce vers, « aussi beau que la prose, » l'auteur de /farine et Shakespeare oseraitil le condamner? — Et Hugo ne s'est pas contenté de le définir: il l'a créé, dune aisance, d'une variété, d'une vérité admirables. « Par un contraste / inattendu, observe encore Rémusat, les vers de M. Hugo sont beaucoup plus naturels que sa prose. »
A y regarder de plus près cependant, tout n'esl paa à louer, dans ce manifeste, pour les disciples de Stendhal. Le poète qui vient à eux est resté trop poète « par ses idées et ses images ». —
Lorsqu'il raisonne, on dirait encore qu'il imagine... » Leur goût de précision répugne à ces généralités aventureuses : la fameuse distinction des trois âges poétiques est purement arbitraire. Surtout, ils sont loin de comprendre comme lui le mélange du comique et du tragique. Sur ee point, le Globe fait les plus expresses réserves, — car ici. il y a un danger véritable, et de graves divergences s'accusent entre les deux écoles.
ii pas que les stendhaliens réclament cette unité d'impression dont le classicisme l'ait un dogme, qu'ils tiennent à la séparation des genre-, ou qu'ils accordent à l'artiste le droit d'embellir le réel. Ils n'ont pas de dédains aristocratiques, et
1. I'. \i. vi. — D;his une note, en marge du manuscrit, cette formule stendhalietme : - Ce -mil tes beaux vers qui tueat les belles pièces ». (Édit. Souriau, p,
diraient volontiers avec Hugo : « Tout ce qui est dans la nature est dans l'art... ». — Mais, juxtaposer de parti pris le type grotesque et le type sublime, en accuser le contraste, joindre aux déformations épiques les déformations du burlesque et faire de cette antithèse le fondement d'une esthétique, ce n'esl pas se rapprocher de la nature, c'est la fausser doublement, en grandeur et en bassesse. Après avoir dit : « c'est surtout la poésie lyrique qui sied au drame », Hugo peut-il écrire encore : « Le drame vit du réel?.., > .
En vérité, nous sommes déjà très loin du théâtre réaliste qu'attendaient les disciples de Stendhal, et même du théâtre historique '. Or, entre les deux systèmes la lutte est impossible. Il y a, dans le romantisme doctrinaire, quelque chose de sec et de froid. Trop de professeurs sont entrés dans ses rangs. Les Soirées de Neuilly, la Ligue de Vilet, avec leurs qualités, restent des œuvres grises; ces jeunes gens se résignent trop aisément à ne pas atteindre la foule. Aux apôtres de la révolution dramatique on voudrait moins de sagesse et plus d'élan....
dette jeunesse fougueuse est, au contraire, le grand mérite de la préface de Cromwell. C'est un
I. •< Mais, dira-t-on, le drame peint aussi l'histoire des peuples. Oui, mais comme vie, non comme histoire. Il laisse à l'histoire l'exacte série des faits généraux, l'ordre des dates, les grandes
masses à remuer, les batailles, les conquêtes, les démembrements d'empires, tout l'extérieur de l'histoire. Il en prend l'intérieur.... Il faut se garder de chercher de l'histoire pure dans le drame, fùt-il historique. Il écrit des légendes et non des fastes. Il est chronique et non chronologique. » (Noie de V. Hugo, édit. Souriau, p. 214.)
débordement tumultueux de vérités el de paradoxes, de vues profondes et de conjectures hasardeuses. Le drame qu'elle annonce prêtera peut-être à toutes les critiques; mais il veut vivre, et il vivra, — au moins pour quelques années. Il sera fait pour la scène et pour le public. 11 n'affichera pas une raideur grincheuse. Il se gardera de sacrifier les effets de théâtre. Ennemi déclaré de la tradition au nom de la vérité, il saura n'être l'esclave ni de celleci ni de celle-là.
On comprend les inquiétudes du Globe, et qu'il réprouve certaines singularités voulues. L'école avait lutté surtout contre deux ennemis : le lyrisme et le mélodrame. La tragédie historique, disait-elle, « est tout entière dans les chroniques; elle est vierge encore, parée de toutes les grâces naïves, animée de toutes les passions. C'est de là que Shakespeare l'a tirée; c'est là qu'un véritable poète saurait la trouver, et il se garderait de la conduire au mélodrame1 ». Or, c'est bien au mélodrame qu'un véritable poêle la conduit, à un mélodrame revêtu, comme dira Nodier, de « la pompe artificielle du lyrisme ».
Mais comment résister? Quelques écrivains probes et exacts ne peuvent prétendre arrêter cet élan. Ce n'est plus à eux qu'il appartient de mener la lutte, de tracer les limites de l'art dramatique nouveau. Les faits, maintenant, se précipitent. Bu IS-27-28, le second voyage des comédiens anglais revêlant à Paris le véritable Shakespeare, — non