‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 83 sur 146 · Paris. Leva vasseur, 1829, in · texte numérisé non relu

Paris. Leva vasseur, 1829, in

3. Épttre aux classiques, Paris, Truchy 1821), in-18. L'exemplaire que j'ai sons les yeux porte une déd icace autographe qui donne le nom et la qualité de l'auteur : « Durdier (?) officier au corps royal d'etat-major ».

■t. En 1820 : A. Le Prévost, Sur In poésie romantique, Rouen, Périaux, in-8°; Maréchal, Discours en vers sur le genre romantique, Paris. in-8°. — En 1X27 : A. Hacine-Praud, la Saint-Barthélémy

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1829, les romantiques se permettent une série de provocations intolérables : en janvier, les Orientales; en février, le Dernier jour d'un condamné et YJfenri III de Dumas; en mars, le Joseph Delorme de Sainte-Beuve; bientôt V Othello de Vigny, la Christine de Soulié.... Les colères se raniment. Baour-Lormian fait tonner son Canon d'alarme :

Avec impunité les Hugo foui îles vers!...

Il est heureux que les Baour soient là, pour conserver à la poésie française son élégance et sa noblesse traditionnelles :

il semble que ivxrés de leur stupjdç rage Ait métamorphosé leurj traits el leur langage; Il semble à 1rs miir. grognant but mon chemin) Qu'il "'il vu de c.in-f 1,1 baguette en ma main '....

Depuis longtemps, les romantiques sont faits à l'intempérance de l'Ossian toulousain. D'autres pamphlets peuvent les toucher davantage. Tout n'est pas mauvaise foi ou parti pris dans les attaques dirigées contre Hugo à l'apparition des Orientales. Ses partisans eux-mêmes ont éprouvé un peu d'inquiétude devant cette poésie nouvelle, tout extérieure et plastique, et le Globe, avec sa timidité habituelle, n'a pas été seul à s'effaroucher2.

littéraire, Paris, in-16; P.-G., la Guerre des classiques et des romantiques, poème héroï-comique en 3 chants, Paris, Delaunay, in-8°; l'Académie, satire, Paris, Delaunay, in-8°.

1. Canon d'alarme par P.-M.-L. Baour-Lormian, Paris, Delangle 1821), in-8°. — Du môme, les Nouveaux Martyrs, satire, Paris, Dalangle 1829, in-8°.

2. Le Globe, 21 janvier 1829. — Le Mercure du XIXe s., t. XXIV, p. 195 (Voir Desgranges, liv. cit.). — E. Ronteix est très sévère pour les Orientales et leur « ridicule préface. »

Le Mercure du XIX* siècle s'empresse à déclarer que c'est là « le plus beau des recueils lyriques de Victor Hugo »; mais il éprouve le besoin de justifier son enthousiasme. Et certaines de ses remarques semblent fournir des armes au parti adverse : l'auteur des Orientales a voulu « faire de la poésie seulement pour les yeux... ». De la poésie de sentiment, plus accessible à la foule, par qui s'établit entre le poète et le lecteur comme une sorte de communion, de collaboration presque, il est passé à la poésie à.' imagination dont l'éclat fatigue mais éblouit. L'une et l'autre sont légitimes.... — Sans doute. Mais cette évolution marque-t-elle un progrès? La virtuosité la plus brillante peut-elle suppléer à la sincérité d'inspiration? Voilà des questions auxquelles le Mercure ne s'arrête pas. Pourtant, elles doivent se poser.

Dans ses Occidentales1, E.-J. Ghôtelatle remarque avec mélancolie : « Ce n'était pas là l'espoir que donnait à la poésie M. Victor de 18-25. Décidément, c'est l'homme double dont parle Buffon. Je regrette bien sincèrement que M. Victor ait dépouillé le vieil homme.... » Le romantisme lui-même avait donné pour objet à la poésie « l'expression véritable de la nature ou de la société ». Or, le voici qui manque à sa promesse. Par lui, la barbarie orientale gagne notre littérature « pour altérer sa

1. Les Occidentales ou Lettres critiques sur les Orieniala de M. Victor Hugo. Paris, fiatttècœar-Martinet, 1829, in-S°. — Voir

aussi : t ne Pichenette ou les fantômes, orientale de M. Victor Hugo avec un commentaire en faveur des Français qui n'entendent que leur langue maternelle par un jeune bachelier es lettres, Paris, fiiez les marchands de nouveautés, 1829, in-8".

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pureté » et il faut la défendre une fois de plus contre l'invasion offensante de l'étranger. « Chaque

citoyen doit courir aux armes. Delenda est Carthagol... ■ Chêtelal aime le langage militaire. Mais il ne se contente pas, comme Baour-Lormian, des grandes batailles à coups d'invectives. C'est pied à pied, — vers par vers, — qu'il poursuit l'ennemi. Son goût est impitoyable. Tout excite sa eolère ou ses sarcasmes : cette abondance verbale, ce papillotement de couleurs, ces audaces de facture. Son oreille, habituée1 au ronron pseudo-classique, souffre du heurt des syllabes ou des cahots du rythme; une césure irrégulière lui est une douleur. Il s'effare devant une épithète que n'a pas consacrée l'usage :

Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe...,

devant une métaphore :

La flamme...

Semble en Bon vol joyeux danser sur les déltris. —

On eût dit que le ciel...

Laissait ses étoiles pleuvoir. —

... Une poussière d'étincelles.

D'autre part, toute simplicité lui paraît triviale : « Qu'avez-vous? (Juavez-vous mes frères? Quelle répétition harmonieuse, dans la bouche surtout d'une jeune beauté!... » Et il ne se lasse pas de citer, de commenter, de parodier. Ces efforts pour ne pas comprendre sont presque touchants.

Après les Orientales, il était à craindre que le poète s'abandonnât désormais à sa virtuosité prestigieuse. Le Dernier Jour d'un condamné le montra hanté d'autres soucis. Ce n'est pas qu'on doive

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prendre tout à fait au sérieux la grande préface de Hugo. Cette préface n'a été écrite qu'en 1832, E. Biré a raison de le remarquer. Mais est-il en droit pour cela de refuser au livre toute valeur sociale l ? Le poète a-t-il pu ne pas s'aviser luimême de ce qui sautait aux yeux de ses lecteurs? « M. Hugo, écrit E. Ronteix, a voulu joindre sa voix à celle des philanthropes qui demandent l'abolissement de la peine de mort et cette idée principale de son livre, dont il s'est écarté trop souvent, lui a inspiré des pages vraiment admirables.... » Mais, il ne faut pas demander à des polémistes prévenus, ou à des auteurs de parodies de pénétrer la substance d'une œuvre. Ils affectèrent de ne trouver ici qu'une nouvelle fantaisie inspirée par ce goût de l'horrible et du macabre si souvent reproché aux romantiques2.

1. « Je ae sais si j'ai tort, mais j'imagine que Victor Hugo ne s'est avisé de toutes ces belles choses qu'après coup et que, en 1828, en écrivant son livre, il se proposait uniquement de faire œuvre d'art et de fantaisie. » (E. Biré, V. Hugo avant 1830, p. 473.)

2. Les parodies sont très nombreuses : le Doge et le dernier jour d'un condamné ou le canon d'alarme, vaudeville en 3 tableaux par Simonin et Vanderhurch, Paris, Quoy, in-8° (Représ, au théâtre des Nouveautés le 20 mai). — Le Dernier Jour d'un condamné, époque de la vie d'un romantique... par Dartois, Masson et Barthélémy, Paris, au Palais-Hoyal, in-8" (Heprés. le 16 mai aux Variétés). — Le Dernier Jour d'un employé, Paris, Lecointe, in-l'J. — Le Lendemain du dernier jour d'un condamné, Paris, Ballimore, in-18. — Pendant la même année, 182'J : Derniers soupirs d'un rimeur de quatre-vingt-neuf ans ou versiculets de Nogaret (Félix) sur la métaphysico-neologo-romanticologie, Paris, Leclère, in-8". — Les Classiques Si les romanlitjues, satire pu le baron d'Ordre, Boulogne, in-8". — Les Deux Ecoles ou essais satiriques sur quelques illustre* modernes par P. Massey de Tirone, Paris, Thoisnier-Desplaees, in-18 (celui-ci assez impartial.) — Les Romantiques et les classiques, ode par M. Corne, Paris, Levavasseur,

Au reste, ce ne sont là, dans la grande querelle, que des épisodes secondaires. Le véritable champ de bataille es! ailleurs. Depuis Les représentations anglaises e1 la préface de Cromwell^ les questions de théâtre sont passées au premier plan.

Sur ce terrain encore, le résultat de la lutte ne saurait être douteux. La chute dVlm// Robtart1 n'a été qu'on accident sans importance. Avant même que l'éeole romantique ait donné aucune de ses grandes œuvres, elle a partie gagnée auprès <lu public Dans la préface des Guelféê *, Arnaull se plaint amèrement de cette prévention qui fait sombrer dans l'indifférence toutes les pièces conformes à lesthétique traditionnelle, tandis qu'il suffit presque de violer les règles pour se faire écouter. Il s'indigne que sa tragédie, si régulière et si correcte, ait eu peine à être jouée cinq fois : maigre résultat à côté- de .'58 représentations pour le Louis XI à Péronne, « comédie historique » de Mély Janin, et 19 pour Émilia, le drame en prose de Soumet. Ironiquement la Pandore l'exhorte à la patience (4 mars 1828) : « Hélas ! mon Dieu, que voulez-vous que j'y fasse! comme disait l'honorable M. Chilhard de la Rigaudie; hélas, il est trop vrai, les habitués des théâtres n'ont plus de goût. Si on les régale d'Andromaque, si Lafon joue, ils

in-8°. — L'Écho du canon d'alarme de M. Baour-Lormian, ou épître A quelques drumomanes par M. ***, Paris, in-8°. — Épître aux antiromantiques par Gh. S"., Paris, Yézard, in-8° (1er ouvrage de Charles Nisard).

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