‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 88 sur 146 · Sainte-Beuve, ibid · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, ibid

séjourne à Paris et les membres du cénacle l'accueillent comme un des leurs. Présentations et visites, longues causeries dans le salon des Desehamps, séances à l'Arsenal : il rapportera à Dijon tes souvenirs inoubliables. A ses amis, un peu jaloux peut-être, il pourra vanter la fraternité romantique. Il leur montrera cet exemplaire des Consolations où l'auteur a tracé de sa main une dédicace, il leur lira cette lettre signée du nom magique, Victor Hugo : « Je lis vos vers en cercle d'amis, comme je lis André Chénier, Lamartine ou Alfred de Vigny; il est impossible de possédera un plus haut point les secrets de la facture. Notre Emile Deschamps s'avouerait égalé. Envoyez-moi souvent de la province de ces vers comme on en fait peu à Paris '.... »

Il est fâcheux que Louis Bertrand ne nous ait conservé que ces quelques lignes. En ce qui concerne les rapports du maître avec Victor Pavie, nous sommes mieux informés. Leurs relations commencent en décembre 1826. Sous la signature V. P. le Feuilleton des Affiches d'Angers a publié sur les Odes et Ballades un article flatteur. Hugo s'empresse de remercier, et en quels termes! En l'honneur de cet inconnu, il met en œuvre toutes les ressources de cette coquetterie raffinée qui restera sa grande force : « Je ferais peu de cas d'un éloge qui ne serait qu'un éloge. Ce dont je vous suis reconnaissant dans votre article, c'est du talent que j'y trouve; ce qui me plaît, ce qui me charme, ce qui m'enchante, c'est d'avoir trouvé, dans si peu de lignes

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