ETAT
d'une beauté supérieure; l’esthétique se ramène à la religion. En parlant de Notre-Dame de Paris, Montalembert se refuse à juger en critique : « Nous ne nous constituons ni juges du bon goût, ni partisans d’une école quelconque. Pour nous, la littérature, comme la politique, comme la philosophie n’est qu'une face de la grande et universelle idée qui maîtrise notre intelligence et nos affections. Nous ne cherchons en elle, comme en tout, qu’une seule chose, la trace de cet esprit divin, de ce feu céleste sans lequel le monde ne serait que ténèbres. Pèlerins, ou, si l’on veut, chevaliers errants de cette seule idée, nous parcourons le monde pour la trouver et la défendre, le cœur plein de chimères, de partialité, de superstitions, mais aussi plein d'enthousiasme et d’amour'... » La liltérature n'est pas un vain jeu ; le poète a sa place dans une hiérarchie; il travaille, pour sa part, à une œuvre d'harmonie : « La tâche de l'écrivain est de réaliser la pensée et la beauté, la tâche de l’homme d'état est de réaliser la justice, la tâche du chrétien est de réaliser la vérité et la sainteté?. »
Nous avons là autre chose que les vieilles généralités de Hugo sur la mission du poète. Ce qui apparaît de tous côtés, c’est une réaction très nelte contre le romantisme du cénacle, individualiste, antisocial, principe