‹ La bataille romantiqueChapitre 11 sur 139 · Ibid., 31 janvier · texte numérisé non relu

Ibid., 31 janvier

d’anarchie. Or, à ce moment, cette réaction est féconde. Il n'est pas question, comme voudraient le laisser entendre les défenseurs de l'Art pour l'art,

d'imposer à la poésie un office d'enseignement ou de

prédication, de lui demander d’être utile, au sens pratique et vulgaire du mot. Quand ils affectent de poser ainsi le problème, ils se font la partie trop facile. La fonction maîtresse de l'artiste est de « réaliser la beauté » : l'Avenir ne disait pas autre chose. Mais pour réaliser la beauté, doit-il rester en dehors de la vie, ne poursuivre rien, hors les jeux de la forme? Lui est-il interdit de s'émouvoir, de penser et de faire penser? Est-ce le libérer que le détacher dé tout?

Le poète romantique a pris l'habitude de considérer que son art est supérieur à tout et qu'il se suffit, que les choses n'ont d'autre objet que de fournir des thèmes à sa virtuosité, que le monde de l’art et le monde de la vie sont deux mondes distincts et que nul des principes nécessaires à celui-ci n'a de valeur pour celui-là... Ce pédantisme est intolérable. Le génie est une force dont on doit compte à la société. C’est en faire un médiocre emploi que de s'amuser à peindre les vices des oisifs', ou de se plonger dans la contemplation ou l'adoration de soi-même. Il y a vraiment dans le monde d’autres intérêts que nos joies passagères, ou nos petites douleurs. « Gœthe et Byron ont

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