‹ La bataille romantiqueChapitre 104 sur 139 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

sie pour les yeux, vide de pensée et de sentiment — matérialisme poétique — luxe extérieur — amour futile de la difficulté vaincue... », toutes les formules que reprendra la Revue encyclopédique de Pierre Leroux. Stendhal, à son ordinaire, est tranquillement dédaigneux : « Les Orientales m’ennuient'... »

Mais les fidèles du dieu ne se soucient pas des sarcasmes de ces pauvres gens, détracteurs de toute poésie, Rien n'ébranle leur assurance. Ayant peu d'idées, ils s’y tiennent avec énergie, persuadés qu'il n'est rien de plus noble que de marteler des vérs sonores, en bon ouvrier.

La plupart cherchent seulement les effets de force, le coloris éclatant, les sonorités brutales. Muscles tendus et poings brandis. « Ces Rhapsodies sont de la bave et de la scorie », rugit Petrus Borel; mais rien n'étonne de P. Borel, dont l’unique souci fut d’étonner. Beaucoup plus Calme dans le commun de la vie, Théophile Dondey — pardon, Philothée O’Neddy — quand il s’avise d’être poète?, n’est pas moins truculent :

Devant l’Art-Dieu, que tout pouvoir s’anéantisse!

Ses vers roulent avec fracas. Les rimes, trop riches, tombent en cascades et, parmi les banalités où se

Page 1