‹ La bataille romantiqueChapitre 105 sur 139 · VE · texte numérisé non relu

VE

trahit sa jeunesse naïve, détonnent des épithètes étranges, des néologismes, des trouvailles dont il est très fier : étreinte harmonique... le plus condense arcane.…. voix pompeuse el faluaire.

Un scepticisme nu, tout lépré de sarcasme... : J'eus le frisson, mes dents jetèrent des strideurs... Lorsque ta vénusté de son éclat m'obombre…..

Voilà qui n'est pas de la langue des bourgeois. C’est ce qu'il appelle, avec une modestie charmante : « Être plus artiste que Dieu! »

Théophile Gautier — est-il tout à fait sincère? — admire cette maîtrise : « Philothée est un métrique ; il façonne bien le. vers sur l’enclume et, quand il a puisé dans la forge l’alexandrin incandescent, il lui donne, au milieu d’une pluie d’étincelles, la forme qu’il désire avec son opiniâtre et puissant marteau‘. » En revanche, il ignore un artiste bien plus délicat, le breton Evariste. Boulay-Paty, l’auteur de cet étrange Elie Mariaker, paru en 1834, avec un frontispice ultra-romantique*.

L'œuvre, il est vrai, est une imitation, on pourrait dire un décalque de Joseph Delorme : même disposition matérielle, même nuance de mélancolie. L'originalité vraiment fait défaut à ce disciple enthousiaste; mais. l'artiste est très supérieur au poète. Sans effort, par

Page 1