‹ La bataille romantiqueChapitre 12 sur 139 · Le Globe, 12 mai · texte numérisé non relu

Le Globe, 12 mai

L'ÉCOLE ROMANTIQUE APRÈS LA VICTOIRE. 21 rempli notre littérature d'assez de désespoir! » — et

de désespoir égoïste.

Dans ses Moralilés de 1834, H. Auger reprend, avec

. une énergie nouvelle, les anciennes formules du Pro-

ducleur Saint-Simonien sur l’art conducteur des masses : &« On est artiste, quand on sent s’agiter en soi l'amour de la société... L’artisie doit trouver un écho dans tous les cœurs... Moi est le mot du sauvage, nous doit être celui de l’homme social. » La valeur d'une œuvre se mesure à son action : &« On n'est pas artiste par cela seul qu’on cultive un art, mais par l'influence qu'on exerce sur la foule, mais par la valeur des sentiments qu'on fait naître, par le dévouement qu'on excite. » Le reste n’est que vanité : « La forme n’a que la valeur d’un signe, la pensée seule a un but?. »

« La poésie n’est pas dans la vaine sonorité des vers », dira Lamartine‘ qui, par une voie différente, est arrivé à une conception analogue. Les événements de ces quelques années ont eu, sur le développement de sa pensée, une influence décisive. La préface des

1. Adolphe Dumas, La Cite des hommes, Paris, Dupuy, 1835. — Cf, l'avertissement des Heures de quart de Ferdinand Carron, Paris, Ébrard, 1837 : « Qu'importe au peuple mon opinion sur ces bois, ce clair de lune, ce lac! »

2. Liv. cit., t. I, p. 136, 139, 147. — Voy. aussi au t. IL, p. 4 et suiv., ses protestations contre « la littérature pure, c’est-à-dire la littérature passe-temps, la littérature sans autorité comme moyen de direction, comme influence morale ».

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