‹ La bataille romantiqueChapitre 122 sur 139 · Salon de · texte numérisé non relu

Salon de

3; À Th. de Banville, en 18/42 :

Vous avez empoigné les crins de la Déesse Avec un tel poignet qu’on vous eût pris, à voir Et cet air de maîtrise et ce beau nonchaloir, Pour un jeune ruffian terrassant sa maïtresse.

contredire les autres et lui-même. «Je comprends qu'on déserte une cause, dira-t-il, pour savoir ce qu’on éprouvera à en servir une autre, » et il vante «le plaisir aristocratique de déplaire’ ». Or, en cherchant le paradoxe, il lui arrive de trouver des vérités et d’être plus sincère qu'il ne croit.

Le Salon de 1815 s'ouvre sur une dédicace, Aux bourgeois, assez inattendue à cette date : « Vous êtes la majorité — nombre et intelligence — donc vous êtes la force, — qui est la justice. Les uns savants, les autres propriétaires; — un jour radieux viendra où les savants seront propriétaires et les propriétaires savants... C’est donc à vous, bourgeois, que ce livre est naturellement dédié; car tout livre qui ne s'adresse pas à la majorité — nombre et intelligence — est un sot livre... »

Ceci n’est ni tout à fait ironique, ni tout à fait sérieux. Baudelaire trouve son amusement à prendre le contre-pied des ordinaires préfaces romantiques et à porter le scandale dans les petites chapelles. Ce n’est pas qu'il attache grand prix aux suffrages de la classe moyenne ou qu'il songe à l’élever à l'intelligence de l’art. La chose füt-elle possible, il n’en aurait aucune Joie. Mais, en somme, puisque ces guides s'adressent au public, et puisque les artistes eux-mêmes, malgré

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