‹ La bataille romantiqueChapitre 123 sur 139 · Fusées, p · texte numérisé non relu

Fusées, p

leurs dédains, cherchent sa faveur, il est naturel de lui parler avec courtoisie : « Il faut plaire aux gens de qui l’on veut vivre. » Ces allures de rapins, dont on

-a tant abusé, ces poncifs d'ateliers sont d’une vulgarité

offensante. De faux artistes, à l'imagination stérile, croient se décerner ainsi un brevet d'élégance. Le mépris des bourgeois, cela est bientôt dit et cela tient lieu d'esthétique et de talent... Et puis, «il y a tant de bourgeois parmi les artistes'! » Le ridicule est-il d’être bourgeois, — ou de l'être, et d’en rougir?

Baudelaire est déjà là tout entier, avec sa sécheresse tranchante, son mépris du convenu, cette façon de distribuer ses boutades, libéralement, entre ses amis et ses ennemis. Les intérêts de parti ne le touchent pas. Pour

toutes les écoles, il affiche le même dédain.

Pour l’école du bon sens, tout d’abord : « Depuis quelque temps, une fureur d’honnêteté s’est emparée du théâtre et aussi du roman... L’éclatante préface de Mademoiselle de Maupin insultait la sotte hypocrisie bourgeoise et l’impertinente béatitude de l’école du bon sens se venge des violences romantiques... Gabrielle traite son époux de poète! O poète! Je t'aime! Un notaire! La voyez-vous, cette honnéle bourgeoise, roucoulant amoureusement sur l'épaule de son homme et lui faisant des yeux alanguis, comme dans les romans qu'elle a lus? Voyez-vous tous les notaires de la

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