‹ La bataille romantiqueChapitre 134 sur 139 · Les premières représenlalions célèbres, p · texte numérisé non relu

Les premières représenlalions célèbres, p

se hâta d'arrêter la pièce, pour revenir à la Tour de Nesle. Vacquerie envoie à son maître le bulletin de ces soirées glorieuses. Le 11 avril :

Mon cher maître, j'ai été bien touché de votre lettre et il à fallu toute ma bataille pour que je ne vous aie pas remercié tout de suite. Vous savez par Emile’ ce qu’on m'a fait. Sion n'avait que cette grosse bête de public à apprivoiser, ce ne serait rien. Mais pendant qu'on se bat avec lui, on a derrière soi des amis qui vous coupent le jarret. Ça devient la mode des directeurs d’assassiner leurs propres pièces. Le Tannhäuser et les Funérailles de l'honneur donneront à cette année une physionomie particulière. Deux choses me consolent largement : d’abord les jeunes gens ont été admirables d’ardeur et de dévouement; il y en a qui sont allés à toutes les représentations ; il y a eu presque résurrection du public d'Hernani. Ensuite, ceux qui m'ont le plus éreinté l'ont fait en votre nom et en protestant de leur admiration pour vous : ce qui constate le pas qu'on a fait. Comme ces admirateurs d'Hernani l'auraient sifflé il y a trente ans!

Quelques jours après :

Mon cher maître, vous êtes naturellement prophète : le lendemain même du jour où votre lettre me prédisait la reprise de ma pièce, le directeur de l'Odéon venait me la demander. Décidément, l'assassinat est un mauvais moyen de tuer les choses; mon drame n’a jamais tant vécu que depuis qu'il est mort. Ce qui me ravit surtout, c'est que j'ai été l'occasion, non la cause, je n'ai pas tant de fatuité, d'une

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