Préface de la Chute d'un ange
solides — et en un sens nouvelles — d'ordre, de régularité, de travail, mais aussi une cerlaine médiocrité générale, le dédain de ce qui est chimère et idéalisme, surtout un exclusif souci de l’argent. Une société nouvelle apparaît brusquement au premier plan, celle qui étale dans les romans de Balzac sa sécheresse d'esprit et de cœur, son égoïsme, ses vertus revêches et le cynisme de ses appétits.
La course à la fortune est sa grande préoccupation; et c’est, dans la Comédie humaine, le thème éternel. Écoutez parler Célestin Crevel : « Tout le monde fait valoir son argent et le tripote de son mieux. Vous vous abusez, cher ange, si vous croyez que c’est le roi Louis- Philippe qui règne, et il ne s’abuse pas là-dessus. Il sait, comme nous tous, qu'au-dessus de la Charte, il y a la sainte, la vénérée, la solide, l’aimable, la gracieuse, la belle, la noble, la jeune, la toute-puissante pièce de cent sous... Dieu des Juifs, tu l’emportes! a dit le grand Racine‘... » C’est là le résultat le plus net des Journées glorieuses !
Tous pensent ainsi, avares sordides, usuriers ou financiers de grande envergure, dandys ou bourgeois grippe-sous, politiciens ou hommes de loi. Le commerce, les grandes affaires, la banque et la Bourse offrent aux jeunes générations le champ de bataille qui convient à leur activité. Des femmes élégantes