‹ La bataille romantiqueChapitre 16 sur 139 · NOT UT SORT PO SN CARRE · texte numérisé non relu

NOT UT SORT PO SN CARRE

L'ÉCOLE ROMANTIQUE APRÈS LA VICTOIRE. Ci

avancées... Mais le plus grand nombre voit dans le plaisir le recours naturel. Auprès d’eux, de jeunes bourgeois soucieux de se décrasser de leur roture, des officiers démissionnaires, des journalistes pour qui le monde est une proie. Ajoutez le contingent étranger sans quoi il ne peut y avoir de société vraiment parisienne, tout un lot d’originaux et d’excentriques : le prince Belgiojoso, cet Italien de race, patriote ardent, grand coureur d'aventures, brillant et joyeux, — Henri Erskine Fraser, ancien major de la garde impériale russe, né, dit-on, en Portugal de famille écossaise, personnage semi-légendaire qui parle indifféremment toutes les langues et dont nul ne sait au juste l’origine, l’âge, les moyens d'existence et la véritable patrie, — lord Seymour, arbitre des élégances anglaises, prince du sport, — Valdès, le bel Espagnol mystérieux.….

Les mémoires d’Alton Shée rendent à merveille les aspirations et les goûts de cette génération dont luimême fut un des héros : « On était pressé de vivre, insouciant de la ruine et de la mort. Poètes, compositeurs, artistes, venaient, comme à l’envi, en aide à nos penchants : toute une littérature à notre image, amusante et passionnée, tantôt chassant les heures devant elle, comme la fumée du cigare, tantôt, comme les spiritueux, embrasant l'imagination. Au lieu des grands lyriques de la Restauration, Victor Hugo et Lamartine, l’Allemand-Français Henri Heine, souve-

rain génie des contrastes, nous servait à volonté de sa : bouteille magique le sensualisme, l'ironie, le sentiment; Alfred de Musset chantait l’amour, George Sand poétisait l’adultère; poursuivant infatigable de la fortune et du luxe, Balzac les analysait, les supputait, inventait dans ses romans les spéculations infaillibles, les associations criminelles pour se les procurer... » |

Paris apporte la même fièvre dans les colères soudaines de ses émeutes et dans l’enivrement de ses plaisirs. Si les salons du faubourg Saint-Germain affectent, sous le régime nouveau, une attitude revêche?, jamais en revanche les fêtes de la rue n'ont été plus grouillantes. Tous les ans, le carnaval ramène ses folies coutumières. C’est le moment des cortèges, des mascarades, des descentes de la Courtille. Une foule bariolée se presse aux bals des Variétés d’abord, puis aux bals de l'Opéra. Jeunes élégants, actrices à la mode, bourgeois en goguette, hommes du peuple, aventuriers des deux sexes, toutes les classes se confondent en une ruée au plaisir, et Milord Arsouille promène, au son des trompes et à la lueur des torches, sa royauté crapuleuse*.

La jeunesse dorée ne craint pas, à cerlains jours, de

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