Les Enfants d'Édouard, M
compter l'esprit de douceur, de conciliation qui l'anime. Depuis la publication de ses premières Messéniennes, il s'est toujours présenté devant le public comme un ami empressé qui cherche à deviner dans les regards de son ami ce qui peut lui plaire, qui va au-devant de ses pensées, qui les recueille, les achève et les lui rend sous une forme meilleure. Quand le goût du public vient à changer, M. Delavigne qui l’observe avee sollicitude n'y met pas la moindre obstination; il sourit lui-même, et quelquefois ironiquement, du goût de son ami; mais il obéit à ce goût et il Le sert à souhait... Son secret est de ne jamais hasarder des systèmes nouveaux; son système à lui est de céder au goût du public, quand il a bien constaté que ce goût existe; alors il vient avec l’adorable perfection de son vers, avec ses pensées suaves et douces’... »
Comment résister à cet enchanteur? On peut tout lui permettre. Son goût est impeccable. Même dans une intrigue de meurtre et de sang, il saura garder sa tenue correcte; ses audaces resteront prudentes et réfléchies : M. Duviquet se porte garant?
De l’œuvre la plus tumultueuse de Shakespeare, il tire un tableau bien ordonné, comme une toile de P. Delaroche. Don Juan d'Autriche lui donne un sujet de comédie; Charles-Quint vieilli n’est plus qu’un moine