‹ La bataille romantiqueChapitre 42 sur 139 · Article d'A. Pichot, t. LVI, p · texte numérisé non relu

Article d'A. Pichot, t. LVI, p

une intrigue de palais; comme moyens, les mêmes artifices naïfs, les mêmes pantins manœuvrés par les mêmes ficelles…

Un progrès cependant. Le maniement des sujets historiques a révélé à Scribe une philosophie de l’histoire, sa grande théorie des petites causes. Elle n’est pas très neuve et sans doute se souvient-il de Voltaire'; mais il n’a pas moins de fierté à en faire les honneurs : « Il ne faut pas mépriser les petites choses, c’est par elles qu'on arrive aux grandes! Vous croyez peut-être, comme tout le monde, que les catastrophes politiques, les révolutions, les chutes d’empires viennent de causes graves, profondes, importantes... Erreur?! » Cette découverte le ravit : ce que nous appelons idée générale n’est que duperie. Demandez à l’histoire des anecdotes piquantes, mais n’espérez pas y découvrir une logique ou des leçons. Le hasard seul est Dieu. Ne cherchez en tout que l’accidentel et le médiocre... C’est bien une philosophie de vaudevilliste. Et ici encore, comme dans l’Ambilieux, dans la Camaraderie, dans la Calomnie, son public goûte cette façon souveraine de tout avilir, de vider un sujet de ce qu'il pour-

1. À propos de la duchesse de Marlborough, son principal personnage : « Quelques paires de gants d’une façon singulière qu'elle refusa à la reine, une jatte d’eau qu'elle laissa tomber en sa présence, par une méprise affectée, sur la robe de M° Masham, changèrent la face de l'Europe ». (Siècle de Louis XIV, ch. xxn).

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