Article du 12 novembre 1838, Art dramat., I
die-Française, ne songeaient qu’à de basses spéculations commerciales, la littérature avait droit à un théâtre nouveau.
Depuis plusieurs années, Hugo et Dumas songeaient à se délivrer ainsi de la médiocrité des directeurs ; Guizot était bien disposé; mais ils ne voulaient pas s'engager eux-mêmes. Sur leur proposition, le privilège fut concédé à un petit journaliste du Ver{-Vert, Anténor Joly. La Renaissance ouvrit ses portes, place Ventadour, avec la première de Ruy Blas, le 8 novembre 1538. Dans le monde des lettres, on célébra à l’envi cette inauguration. Le nom même du théâtre était une promesse ; une salle remise à neuf, brillante de dorures et de lumières, s’offrait aux poètes. Frédéric Lemaïitre revenait à eux, jetant au ruisseau les haïllons de Robert Macaire et c’est Victor Hugo, de son verbe sonore, qui ralliait ses vieilles troupes au combat.
Malheureusement, cet enthousiasme fut de courte durée. Sur la valeur proprement dramatique de Ruy Blas, sur le quatrième acte en particulier, la presse avait fait des réserves. La pièce cependant tint l'affiche pendant cinquante représentations, jusqu'au début de janvier 1839’. Alors commencèrent les difficultés. Le directeur fit appel à Dumas, à ses collaborateurs ordinaires, à F. Soulié. Ils apportèrent quelques drames, Bathilde, Diane de Chivri, drames vigoureux, à vrai