‹ La bataille romantiqueChapitre 50 sur 139 · Voy. T. Legay, V. Hugo jugé par son siècle · texte numérisé non relu

Voy. T. Legay, V. Hugo jugé par son siècle

tragédie. Dans cette lutte, l’année 1843 allait être décisive : à un mois d'intervalle, le dernier drame de Hugo, la première tragédie de François Ponsard!.

Les Burgraves promis au Théätre-Français en février 1842, commencés en août et reçus en novembre, furent joués à bureaux fermés le 7 mars 1843. Quelques conflits, avant la première représentation, inspiraient des craintes au poète. Il s'attendait à une lutte très vive : il n'en fut rien. La salle, composée avec soin, resta respectueuse et froide. Ce qui manquait, c'élaient ces adversaires farouches dont les clameurs, jadis, appelaient les ripostes impétueuses. Ses partisans euxmêmes avaient perdu de leur ardeur combative. Peu d'opposition ; « deux ou trois velléités de murmure », dit Philothée O’Neddy; beaucoup de respect et, s’il faut en croire Sainte-Beuve?, pas mal d'ennui. Les représentations suivantes furent plus animées ; il y eut des ricanements, des sifflets, des invectives... Mais ce n'’élait plus l’atmosphère orageuse d'autrefois. « Il n'y a plus de jeunesse », s’écriait Célestin Nanteuil *, — ce qui est une façon consolante de dire : Nous vieillissons.

Les critiques amis firent leur devoir : Charles Magnin à la Revue des Deux-Mondes, Théophile Gautier,

1. En 1843 aussi, Saint-Marc-Girardin donne son Cours de litléralure dramatique, encore une manière de pamphlet comme, dix ans plus tôt, les études de poésie latine de Nisard.

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