‹ La bataille romantiqueChapitre 55 sur 139 · Préface d’Agnès · texte numérisé non relu

Préface d’Agnès

bonhomie clairvoyante, cette sensibilité légère et sans profondeur. |

En somme, on ne peut reprocher à ces jeunes gens qu'une chose, l'étrange illusion où ils s’obstinent sur leurs facultés poétiques. « Ayez donc un peu la conscience de ce que vous êles, écrit Augier à Ponsard, j'entends le premier poète de l’époque‘! » Et il pense, sans doute, être lui-même le second. Il ne songe pas que Diane apporte une plate transposition de Marion Delorme, que l’Aventurière, malgré ses décors, ses costumes, son capitan et sa courtisane à falbalas, n’est qu'un drame bourgeois travesti et que le mari de Gabrielle serait bien plus émouvant s'il s’exprimait en prose... Mais la grande comédie a droit au style noble et l’alexandrin confère aux détails les plus vulgaires une sorte de majesté. De là, des effets d’un comique

involontaire :

Maman, la blanchisseuse est là.

— Dis à la bonne De recevoir le linge...

Les préjugés ont la vie dure. C'est en 1854 seulement, qu'É. Augier, averti peul-être par l'exemple de Dumas fils et de Th. Barrière, renonce à la poésie et à l’histoire. Avec le Gendre de M. Poirier, il a trouvé sa voie. Pour une trentaine d'années, la comédie mo-

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