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2. « Raymon fut effrayé de la voir courir ainsi, se livrant sans peur à la fougue de ce cheval qu’elle connaissait à peine, le lancer hardiment dans le taillis... », etc., p. 139. Voy. Hisi. de ma vie.
de la civilisation érigés en principes les idées droites et les lois simples du bon sens et de l'humanité »'.
Elle sait surtout la dignité du sentiment. Son amour est noble comme elle, sans rien d’impur — elle ne ressemble pas à une Bovary — mais cet amour se place au-dessus de toutes les conventions. D'une sincérité absolue, il n’a que faire des préjugés ou des jusements du monde; il s'offre tout entier et cet abandon total effraye jusqu'à l’homme indigne à qui il est offert... Sa médiocrité de Don Juan mondain lui apparait et, sans une plainte, elle s'éloigne; mais il suffira qu'elle le croie de nouveau sincère et aimant pour qu’elle soit prête à lui sacrifier encore ses devoirs sociaux. |
La souveraineté de la passion, le droit des êtres à la vie, l’individualisme ou l’égotisme?, voilà le thème éternel:
Peut-il demeurer un thème purement lyrique et cet idéalisme ne doit-il pas tendre à l’action? George Sand n’a pensé qu'à elle-même; mais, en nous, nous découvrons toujours les autres et, chez les autres, c’est nous que nous aimons. Quoi qu'elle en ait, des idées
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2. « Peut-être ce besoin de bonheur qui nous dévore, cette haine de l'injustice, cette soif de liberté qui ne s’éteignent qu'avec la vie, sont-ils les facultés constituantes de l’égotisme, qualifitation par laquelle les Anglais désignent l'amour de soi considéré comme un droit de l’homme et non comme un vice...» (P. 257.)
se dégagent de ses effusions sentimentales : « L'amour est un contrat aussi bien que le mariage. — Les hommes et leurs lois de fer ont disposé de toi; ils m'ont arraché la compagne que Dieu m’eüt choisie... Mais que nous importent les hommes et les lois, si je t'aime encore aux bras d’un autre..." » En pleine tirade Iyrique voici la thèse qui, plus tard, se précisera : « Lui jaloux!... À sa place, je me tuerais!? » Ici, c’est l’auteur de Jacques qui nous apparaît chez l’auteur d’Indiana. Et c’est, si l’on veut, l’auteur des futurs romans sociaux que l’on découvre chez l’auteur de Valentine; mais c’est surtout, et toujours, la femme libérée récemment d’un joug insupportable. George Sand ne retrouvera plus, après Indiana, la large inspiration, le Ivrisme puissant de ce chef-d'œuvre; mais tous ces premiers romans sont vibrants des mêmes enthousiasmes, pleins de confidences et d’aveux. De l'un à l’autre, et ils se suivent à quelques mois d'intervalle, les allusions deviennent plus précises et le ton plus net. Tour à tour, elle parle par la bouche de Valentine et de Louise, et les cris de colère de Bénédict jaillissent de son propre cœur : (O0 abominable violation des
droits les plus sacrés!... Infâme tyrannie de l’homme sur la femme! Mariage, sociétés, institutions, haine à vous! Haine à mort!...' » Heureusement, elle connaît Pp. 46, 67 PO
la voie du salut : l'existence indépendante qu'elle se plait à organiser pour M”° de Lansac, loin d'un époux méprisé, n'est-ce pas celle que, pour elle-même, elle s'est flattée de conquérir ?
Ainsi, toutes ses pensées, tous les rêves de son imagination romanesque la ramènent à elle seule et au grand ennui de sa vie. Plus tard, son instinct de liberté sera plus exigeant encore : elle affichera une défiance farouche à l'égard de toute espèce d'engagement; pour le moment, elle n’en veut qu'à la chaîne matrimoniale.
Et par là, le roman prend une signification et une portée nouvelles; les Débals!' marquent cela très nettement. Toujours les amours douloureuses avaient été un de ses sujets de prédilection, mais jusqu'ici le principe de ces souffrances était indépendant de l’amour même. Les obstacles provenaient, à l'ordinaire, de circonstances extérieures, contre lesquelles la lutte était possible : obstacles matériels, difficultés familiales, disproportion de fortune... À travers tout cela, les amants travaillaient à leur bonheur, ils réalisaient leur union... Ici, c’est ce bonheur lui-même qui nous apparaît illusoire. Tout le mal est dans l'institution du mariage, c'est-à-dire dans la loi sociale. Par elle, l'amour est corrompu dans sa source. Forte de son expérience, George Sand revient sans cesse à celte idée et si, par-