‹ La bataille romantiqueChapitre 62 sur 139 · Voy. le Secrélaire intime · texte numérisé non relu

Voy. le Secrélaire intime

2. Préf. de Valentine, édit. Hetzel. — Voy. aussi Lettre à M. Nisard (Leltres d'un voyageur, n° 12), Revue de Paris, mai 1836.

Mais du côté de ses ennemis, comme de ses admirateurs, chacun de ses premiers romans soulevait des orages. « Ge livre, écrivaient les Débals d’Indiana, ce livre est un long cri de guerre contre la société et surtout contre le mariage... » et de Lélia : « Elle promène un regard dédaigneux, un sourire infernal sur toutes les croyances qui restent encore à l’homme‘... » Comment n'aurait-elle pas cherché à répondre à cette idée, flatteuse en somme, que l’on se faisait de son œuvre?

Par malheur, on voit trop ce qui doit manquer à une doctrine qui s’est constituée ainsi. D'abord, l’idée du devoir. George Sand lui substitue le droit au bonheur — parfois même au plaisir, ce qui vraiment est, à sa morale, une base fragile. Mariage, union révocable, liberté absolue, elle fait juge de toutes choses l’agrément qu'elles peuvent offrir ou qu'elle-même espère en tirer, suivant ses illusions successives.

Il ne lui manque pas moins la générosité véritable, celle qui se détache de soi. Cette féministe n’a jamais aimé la femme; elle ne croit pas à sa loyauté et c’est par orgueil, autant que par souci d'indépendance, qu'elle affecte ces allures masculines’. Quand elle s’attendrit sur certaines victimes, ses sœurs douloureuses, c'est sur elle seule qu'elle s'émeut. En plaidant pour

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