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et une intelligence dignes d'elle. Or cette liaison a fini misérablement. Elle en demeure désemparée; elle s’interroge ; la délivrance du joug odieux n'a pas apporté les joies qu'elle en attendait : « Cette indépendance si chèrement achetée, il faudrait savoir en jouir et je n'en suis plus capable. Rien, dans la vie, ne me sourit plus'. » Tout le mal ne viendrait-il donc pas, comme elle l'avait cru, de la seule institution du mariage? L'amour lui-même, l'amour libre d’entraves ne seraitil que duperie? « Il en est de l’amour, dit Trenmor, comme des autres passions égoïsles; je crois que là où elles finissent, l'homme commence?. » — À moins qu'il ne faille accuser de ses doutes que sa propre infirmité, son incapacité à connaître le bonheur par la passion, la passion durable : « Vous ne pouvez pas aimer et vous ne savez pas vous passer d'amour“. »
Mais alors, à quoi consacrer ces forces qui frémissent en elle, ce besoin de vivre, et d'agir, et de souffrir, cet idéalisme avide de conquêtes ?... Ainsi s’élargit le problème.
Toutes ces questions qu'elle se pose, toutes ces inquiétudes ont donné Lélia. Lélia, c’est elle encore, avec ses enthousiasmes, sa beauté brune, son charme un peu viril, mais en un personnage nouveau : idéaliste et passionnée toujours, mais au-dessus des fai-