‹ La bataille romantiqueChapitre 65 sur 139 · Valmarina à Lélia · texte numérisé non relu

Valmarina à Lélia

blesses de l'amour, désabusée de la vie, tout entière à des aspirations généreuses, sans espoir. « Hélas! j'ai besoin du ciel, mais je doute! »

Certes l’œuvre est débordante toujours de lyrisme, mais ce romantisme lyrique ne lui suffit plus : elle en est à un romantisme de combat. Elle veut agir et juser; elle cite les religions et les philosophies à son tribunal; elle roussellise contre l'institution sociale, elle crible de sarcasmes cette duperie que nous nommons le progrès’, sans avoir toute confiance d’ailleurs en la bonté de la nature*?. Et auprès de sa raison impla-

cable, voici les ardeurs douloureuses de Sténio et la

sagesse glacée de Trenmor, voici le mauvais prêtre Magnus et Pulchérie la courtisane.

En eux, ce ne sont pas des êtres vivants qu'elle a voulu peindre : elle nous offre des symboles — des symboles un peu indécis. C’est ce qu’elle explique à François Rollinat : « Magnus est mon enfance, Sténio ma jeunesse, Lélia est mon âge mür, Trenmor sera ma vieillesse peut-être... », ce qui revient à dire que sa vie doit aller des premières croyances héritées à certaine sagesse dont elle n’est pas très sûre encore,

1. « Comment pouvez-vous croire, jeune homme, que nous suivions une marche progressive, lorsque vous voyez, autour de vous, toutes les convictions se perdre, sans faire place à d’autres convictions ; toutes les sociétés s'agiter dans leurs liens relächés, sans se reconstituer selon l'équité naturelle; toutes les facultés s’épuiser par l'abus de la vie... » |, p. 129.

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